(Paris) Marine Le Pen a « conjuré » mercredi la presse « d’aller au-delà des petites péripéties de campagne », après le ralliement de deux eurodéputés de son parti à Eric Zemmour, multipliant les allusions à son rival dont elle a dénoncé la « brutalité » et l’« immaturité politique ».

Mis à jour le 26 janvier
Agence France-Presse

« Je vous conjure d’aller au-delà des petites péripéties de campagne même si elles vous permettent de feuilletonner une histoire », et de « confronter ces grandes questions idéologiques et politiques que nos concitoyens devront trancher », a déclaré lors de ses vœux à la presse la candidate du Rassemblement national à la présidentielle.

Elle a souligné qu’elle n’avait « pas choisi une campagne hémiplégique, qui ferait l’impasse sur une problématique », mais qu’elle s’était astreinte à « un travail qui englobe des thématiques régaliennes comme des thématiques quotidiennes », les « enjeux de civilisation mais aussi les enjeux de pouvoir d’achat ».

« Nous avons définitivement rompu avec les provocations » qui « ont pu être le péché de notre famille politique », a encore plaidé celle qui revendique la « dédiabolisation » du Front national, qu’elle a rebaptisé Rassemblement national.

« Les tentations (de provoquer, NDLR) sont non pas la démonstration d’une force ou d’un dynamisme, mais la preuve d’une certaine immaturité politique », a cinglé la candidate d’extrême droite, dans une allusion à Eric Zemmour et à ceux « qui croient trouver dans la brutalité de leur harangue une ivresse de pouvoir factice ».

« Il n’y aura de ma part ni de surenchère, ni d’outrance. Il n’y aura pas une course de vitesse à la radicalité ou au buzz », a promis Marine Le Pen, qui veut « gagner (la bataille) des solutions », après avoir renoncé à sortir de l’euro ou à supprimer la double nationalité.

Elle a encore dénoncé l’appel d’Eric Zemmour à « l’union des droites » et les « exhortations curieuses à un prétendu peuple de droite ». « Ce débat aux accents de 1981 procède selon moi de raisonnements politiciens (qui) apparaissent comme un inutile appel à la revanche sur la gauche, anachronique à l’heure où la gauche n’existe plus et où la droite est macronisée », a-t-elle estimé.

Marine Le Pen a salué la « mission […] admirable » des journalistes qui « nous obligent à être meilleurs », tout en rappelant son souhait d’instaurer une lourde sanction de la presse en cas de violation du secret de l’instruction, afin d’éviter une « instrumentalisation » de la justice.