(La Haye) L’Université d’Amsterdam a annoncé mettre fin à des subventions chinoises à un centre sur les droits de l’Homme. Une enquête de la chaîne publique NOS a révélé que ce « centre interculturel de recherche » financé par la Chine manque d’indépendance.

Publié le 20 janvier
Agence France-Presse

Prenant appui sur des citations de chercheurs semblant banaliser la situation au Xingjang, ainsi que des analyses de plusieurs experts, la chaîne accuse le Cross-Cultural Human Right Centre « de partager une vision des droits de l’Homme convenant à la Chine ».  

Dans un tweet mercredi soir, l’université a réagi et promis « des mesures appropriées, y compris l’arrêt ou le remboursement de la subvention chinoise ». Elle a aussi annoncé qu’elle va « examiner si la recherche de l’institut est indépendante sur tous les fronts ».

Selon NOS, le » Cross-Cultural Human Rights Centre « (centre interculturel des droits de l’Homme, en français), lié à l’université, a en 2018, 2019 et 2020 reçu plusieurs centaines de milliers d’euros d’une université de Chongqing (sud-ouest), alors son seul bailleur de fonds.

La mission du centre est selon la NOS inscrite dans l’accord de financement avec l’université chinoise : attirer l’attention sur une » vision globale « des droits de l’Homme, et plus particulièrement sur la manière dont les pays non occidentaux comme la Chine envisagent ces derniers.

« Pas de travail forcé, pas de génocide » au Xinjiang

« Nous ne devrions pas laisser aux politiciens, surtout pas aux politiciens occidentaux, le soin de déterminer ce que nous pensons des droits de l’Homme », aurait déclaré à la télévision d’état chinoise le professeur Tom Zwart, directeur du centre, dans une interview à la télévision chinoise.

PHOTO UNIVERSITÉ CENTRALE SUD DE CHANGSHA, VIA NOS

Le directeur du CCHRC Tom Zwart (à droite), le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi (à gauche) et le chef de la propagande du Parti communiste Huang Kunming (au centre), dans une photo diffusée par l’Université Centrale sud de Changsha, dans la province de Hunan, en Chine.

Interrogé par la NOS, M. Zwart a souligné que ces déclarations ont été sorties de leur contexte.

Quant au professeur Peter Peverelli, il aurait également déclaré sur Linkedin qu’il n’y a « pas de travail forcé, pas de génocide, ou quoi que ce soit que les médias occidentaux suggèrent » au Xinjiang.  

M. Peverelli a auprès de la NOS affirmé que les déclarations des employés du centre ne doivent pas être interprétées comme un déni de ce qui se passe au Xinjiang, mais plutôt comme une « tentative d’engager un dialogue ».

Des organisations de défense des droits de l’Homme accusent la Chine d’avoir notamment enfermé plus d’un million de musulmans dans des camps de rééducation politique. Les Ouïghours sont particulièrement visés après une série d’attentats attribués à des islamistes et des séparatistes. Pékin affirme que les camps sont en fait des centres de formation professionnelle destinés à les éloigner de la radicalisation.