(Paris) Le candidat d’extrême droite à la présidentielle française Eric Zemmour a dit lundi vouloir parler « entre hommes » avec les dirigeants algériens, écartant toute « repentance » de la France et annonçant qu’il supprimerait, s’il était élu, l’accord de 1968 facilitant le travail et le séjour des immigrés algériens.

Publié le 17 janvier
Agence France-Presse

« C’est notre faiblesse qui rend les dirigeants algériens arrogants, mais ils respecteront des gens qui se respectent », a lancé M. Zemmour, lui-même d’origine algérienne, devant l’Association de la presse étrangère (APE).

« Ils comprendront ce que je leur dirai, qu’il n’y a aucune culpabilité française », a-t-il poursuivi, alors que les relations entre Paris et son ancienne colonie ont toujours été complexes et turbulentes, notamment sur les questions mémorielles.

« Si nous avons colonisé l’Algérie pendant 130 ans, nous n’avons été ni les premiers ni les seuls, l’Algérie a toujours été une terre de colonisation, par les Romains, les Arabes, les Turcs, les Espagnols… », a ajouté M. Zemmour.

« La France a laissé plus de choses que tous les autres colonisateurs », a-t-il déclaré, citant « les routes, les instituts de santé que la France a laissés, le pétrole que la France a trouvé et qui permet de nourrir 40 millions d’Algériens ».

« Il y a eu des massacres, des affrontements, je ne le nie absolument pas, mais en face ils ne combattaient pas avec des roses, c’est l’histoire du monde », a-t-il lancé, à quelques mois du 60e anniversaire des accords d’Évian (18 mars 1962) qui ouvrirent la voie à l’indépendance de l’Algérie.

« Aux dirigeants algériens, je dis : on parle entre hommes, entre gens responsables », a poursuivi M. Zemmour, estimant que les deux pays avaient des choses à faire ensemble et des intérêts communs, comme la sécurisation du Mali.

Mais « il faudra que l’Algérie arrête de considérer que la France est le déversoir de son excès démographique », a-t-il prévenu, se disant notamment déterminé à supprimer un accord franco-algérien de 1968 facilitant la circulation, le travail et le séjour des Algériens en France.

Par ailleurs, « la repentance ne sera même pas un sujet de discussion », a-t-il conclu.