(Paris) Le « peuple a raison d’en vouloir » aux journalistes, a affirmé le candidat d’extrême droite Éric Zemmour lundi lors de ses vœux à la presse, dans une charge contre la « tendance moutonnière » des médias et leur « culture woke ».

Publié le 10 janvier
Agence France-Presse

« Vous êtes les hommes et les femmes les plus mal aimés de France. Qui ne vous aime pas ? Le peuple, mes bons amis. C’est que le peuple a de la mémoire, de la jugeote et de la lucidité », a estimé l’ancien chroniqueur de à la chaîne d’information continue CNews et du magazine Le Figaro, devant quelques dizaines de journalistes réunis au quartier général de son parti à Paris.

Tout en soulignant sa « passion » pour son « ancien métier », le candidat du parti Reconquête ! à la présidentielle a fustigé la « pression exercée sur vous, depuis l’école de journalisme, avec une idéologie prête à tout pour imposer ses dogmes », ainsi qu’une « tendance moutonnière à se copier ».

Avec Illusions perdues, Balzac a écrit la critique la plus acerbe de votre métier, elle n’a pas pris une ride. Au temps de Balzac, on était libéral, patriote, socialiste. Aujourd’hui on est antiraciste, féministe, écologiste, la culture “woke” a pris la place du marxisme qui avait pris la place du socialiste qui avait pris la place du libéralisme.

Éric Zemmour

Le « woke » est un terme qui désignait à l'origine aux États-Unis la prise de conscience des injustices, notamment liées à la couleur de peau ou au genre. Mais d'aucuns dénoncent désormais une dérive idéologique et ses excès.

« Vous méritez mieux que cet esclavage intellectuel […] Élu président je vous libérerai, vous découvrirez la joie de ne plus vous soumettre. Le service public ne crachera plus sur le contribuable tous les jours au petit déjeuner », a-t-il poursuivi.

« La chape de plomb du politiquement correct »

« 2022 sera l’année de la renaissance du journalisme français, le vrai, le grand, celui qui est mort étouffé sous la chape de plomb du politiquement correct », a encore lancé Éric Zemmour.

Le candidat d’extrême droite avait déjà fait huer les médias Libération et Mediapart il y a une semaine lors de ses vœux à ses militants, reprochant aux « journaux de gauche » de partir « en chasse » contre lui.

Il avait aussi fait siffler les médias le 5 décembre lors de l’assemblée électorale qui a lancé sa campagne à Villepinte, marqué par des incidents avec une brève mise à l’abri d’une équipe de l’émission satirique Quotidien (TMC/TF1), huée par des partisans du candidat et des journalistes de Mediapart rapportant avoir reçu des coups.