(Washington) Les États-Unis ont dit mardi s’attendre à ce que le dialogue avec la Russie, au sujet notamment de l’Ukraine et plus largement de la sécurité en Europe, démarre en janvier, tout en prévenant Moscou que certaines de ses exigences étaient « inacceptables ».

Publié le 21 déc. 2021
Agence France-Presse

Le gouvernement américain a déjà dit être prêt à discuter des demandes russes au niveau bilatéral, mais aussi au sein du conseil réunissant l’OTAN et la Russie, ou encore dans le cadre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

« Il n’y aura pas de discussion sur la sécurité européenne sans les Européens », a encore affirmé mardi la secrétaire d’État américaine adjointe chargée de l’Europe, Karen Donfried, à des journalistes. « Nous avons dit clairement que nous ferions ça avec l’Alliance à 30 », a-t-elle ajouté au sujet de l’OTAN, alors que le président russe Vladimir Poutine semble privilégier un face-à-face avec les États-Unis.

« S’agissant du dialogue bilatéral, nous déciderons d’une date ensemble avec la Russie et nous pensons que cela aura lieu en janvier », a expliqué la diplomate.

Elle a aussi souligné que l’Alliance atlantique devait très prochainement « inviter » Moscou à une réunion du Conseil OTAN-Russie, l’instance de consultation créée en 2002 entre les deux blocs — une proposition jusqu’ici rejetée par les Russes.

« Mon impression est que vous verrez du mouvement sur tous ces canaux au mois de janvier », a précisé Karen Donfried.

Les Occidentaux accusent la Russie de préparer une éventuelle invasion de l’Ukraine, en ayant massé des dizaines de milliers de soldats à la frontière avec le pays voisin. Ils menacent Moscou de sanctions « massives » et sans précédent en cas d’agression.

Interrogée sur la possibilité que ces sanctions incluent la piste la plus radicale, celle visant à couper la Russie de Swift, rouage essentiel de la finance mondiale, la responsable américaine s’est bornée à dire qu’« aucune option » n’était « exclue ».

Le président Poutine juge au contraire que c’est l’attitude de ses rivaux occidentaux qui est menaçante et réclame que Washington et l’OTAN donnent des garanties en signant des traités interdisant tout élargissement futur de l’Alliance atlantique. La Russie a présenté la semaine passée des projets de textes en ce sens.

« Nous sommes prêts à discuter des propositions de la Russie. Il y a des choses sur lesquelles nous sommes prêts à travailler et dont nous pensons qu’elles méritent une discussion », mais « il y a d’autres choses dans ces documents dont les Russes savent qu’elles seront inacceptables », a insisté Karen Donfried.

Elle n’a pas voulu dire si Moscou continuait de renforcer ses effectifs à la frontière ukrainienne, mais a appelé la Russie à la « désescalade ». « Nous continuons d’être profondément préoccupés au sujet de la présence militaire russe à la frontière avec l’Ukraine », a-t-elle déclaré.

Lundi, le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price avait dit que les États-Unis n’avaient « rien vu de nature à apaiser » leurs « inquiétudes ».

Karen Donfried a par ailleurs confirmé que le gouvernement américain continuait de fournir des armes « défensives » à Kiev. « Il y a eu une livraison la semaine dernière », a-t-elle souligné.

« Si la Russie devait envahir l’Ukraine, nous fournirions du matériel défensif supplémentaire aux Ukrainiens, en plus et au-delà de ce que nous leur procurons actuellement », a-t-elle à nouveau prévenu.