(Athènes) Dix ressortissants étrangers, dont quatre appartenant à quatre ONG différentes, sont suspectés par la police grecque d’avoir facilité l’entrée dans le pays de migrants venant des côtes turques voisines, a-t-on appris mardi de source policière.

Publié le 20 juill. 2021
Agence France-Presse

Au terme d’une enquête de plusieurs mois menée par les polices et les autorités de Lesbos, Chios et Samos, trois îles grecques proches de la Turquie, en collaboration avec les services de renseignement grecs, dix personnes sont mises en cause par la police pour leur implication dans un réseau facilitant l’immigration clandestine, selon la police du Nord de l’Égée.

Aide aux réseaux illégaux d'immigration

« Parmi les dix suspects figurent un Norvégien, un Britannique et un Américain, membres de trois ONG différentes, mais aussi deux Syriens et quatre Afghans », a indiqué à l’AFP un porte-parole de la police, Nikos Ververis, précisant que la justice était saisie du dossier.

La nationalité du dixième suspect, membre d’une quatrième ONG, n’a pas encore été établie, a-t-il ajouté.

Cette action organisée sous prétexte humanitaire […] a été entamée en juin dernier et vise à aider de manière substantielle les réseaux illégaux d’immigration.

Eleftherios Douroudous, chef de la direction de la police du Nord de l’Égée.

Selon la police, les personnes suspectées ont utilisé les réseaux sociaux, les photos et les témoignages de migrants tentant d’atteindre les îles égéennes, l’une des portes d’entrée de migrants et réfugiés en Europe à partir des côtes turques.

Ces accusations interviennent alors que la Grèce a été appelée à plusieurs reprises par l’Union européenne et l’agence onusienne du Haut commissariat des réfugiés (HCR) à enquêter sur des allégations de refoulements de migrants vers la Turquie.

Le HCR a documenté environ 300 incidents signalés d’expulsions illégales autour des îles de la mer Égée et de la frontière terrestre gréco-turque entre janvier 2020 et mars 2021.

Mais le gouvernement conservateur grec, au pouvoir depuis l’été 2019, n’a cessé de nier ces accusations, parlant d’une réduction importante du nombre d’arrivées dans le pays ces deux dernières années.  

Il a en outre adopté une législation stricte pour passer au crible les ONG présentes dans le pays, ce qui a entraîné la réduction importante de leur nombre.