(Belgrade) La Serbie versera l’équivalent de 38 dollars canadiens à chacun de ses ressortissants déjà vaccinés contre la COVID-19 et à ceux qui se feront vacciner d’ici la fin mai, a annoncé mercredi le président Aleksandar Vucic, une initiative gouvernementale qui semble être la première du genre dans le monde.

Agence France-Presse

Un des pays européens en pointe en matière de vaccination de sa population, avec à ce jour 1,3 million de personnes ayant reçu les deux doses, pour 7 millions d’habitants, la Serbie veut relancer sa campagne d’immunisation, alors que l’intérêt du public a diminué.

« Tous ceux qui ont déjà reçu une ou deux doses et tous ceux qui se feront vacciner avec au moins une dose d’ici le 31 mai toucheront 3000 dinars (37,75 dollars canadiens) », a déclaré Aleksandar Vucic, invité à une télévision locale.

Il a ajouté espérer que près de 3 millions de personnes seraient ainsi vaccinées fin mai avec au moins une dose de vaccin.

Le pays balkanique a acheté des millions de doses de vaccins, aussi bien auprès des laboratoires occidentaux que chez leurs concurrents chinois et russes. Fin mars, les autorités serbes avaient même invité pendant plusieurs jours des ressortissants des pays de la région à venir se faire vacciner en Serbie.

Les autorités souhaitent par cette nouvelle initiative « récompenser les gens qui ont fait preuve de responsabilité », a dit M. Vucic.

Il a également annoncé que les employés du secteur public qui n’ont pas été vaccinés ne pourraient plus bénéficier d’indemnités pendant l’arrêt maladie si c’est pour avoir contracté le virus.

« Je n’ai toujours pas vu dans la littérature médicale que quelqu’un ait été payé pour être vacciné contre la COVID-19 », a déclaré à l’AFP l’épidémiologiste serbe Zoran Radovanovic. « Nous pourrions donc être les premiers non seulement en Europe, mais aussi dans le monde », a-t-il ajouté.

Dans d’autres pays, des sociétés ont proposé des avantages à leurs employés pour accepter de se faire vacciner contre la COVID-19.

Le Dr Radovanovic estime toutefois que l’incitation à se faire vacciner en proposant de l’argent peut être une arme à double tranchant.

« Cela poussera certains qui vivent dans une extrême pauvreté à se faire vacciner, mais va provoquer de la résistance chez d’autres », a-t-il mis en garde. « La logique est la suivante : si l’État me paie pour faire quelque chose et me dit que c’est pour mon bien, il y a alors quelque chose de louche », poursuit cet expert.