(Moscou) La Russie a annoncé jeudi qu’elle lancerait dès le lendemain le retrait de ses troupes massées près de l’Ukraine et en Crimée annexée, mais Washington et l’OTAN sont restés prudents sur la fin de cette menace militaire qui inquiétait Kiev et l’Occident.

Maxime POPOV avec Ania TSOUKANOVA à Kiev
Agence France-Presse

Les États-Unis, qui soutiennent l’Ukraine dans sa crise avec la Russie, ont dit attendre « des actes » et pas seulement des « paroles » de la part de Moscou et promis de « continuer à surveiller la situation de près ».

L’OTAN a également indiqué avoir pris note de l’annonce du retrait, mais « rester vigilante ». « Toute mesure de désescalade de la part de la Russie serait importante et aurait dû être prise depuis longtemps. Nous continuons d’appeler la Russie à retirer toutes ses forces du territoire ukrainien », a affirmé un responsable de l’Alliance.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est lui aussi réjoui de cette annonce, estimant qu’un retrait des troupes conduirait à « une réduction proportionnelle de la tension ». Il a toutefois souligné que son pays, lui aussi, « restait vigilant ».

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Des parachutistes russes montant à bord d’un avion Iliouchine Il-76 avant un exercice à l’aéroport militaire de Taganrog, sur la côte russe de la mer d’Azov, près de l’Ukraine, le 22 avril 2021.

La présence de ces dizaines de milliers de soldats près de l’Ukraine, qui combat depuis 2014 des séparatistes prorusses dans l’Est du pays, a alimenté les tensions entre Moscou, Kiev et les Occidentaux ces dernières semaines.

Dans un message video prononcé en russe, le président ukrainien avait invité mardi Vladimir Poutine à le rencontrer « dans n’importe quel endroit du Donbass ukrainien où la guerre se poursuit ».  

En guise de réponse, le président russe a dit jeudi être prêt à le recevoir « à n’importe quel moment » à Moscou.

Il l’a renvoyé vers les séparatistes pour parler du règlement du conflit dans l’Est, qui connaît une flambée de violences depuis le début de l’année.

- « Dans l’impasse »

Les autorités ukrainiennes avaient jusque-là accusé la Russie de chercher à « détruire » leur pays et de préparer une invasion.

Moscou a rétorqué que ses soldats menaient des « exercices » destinés à faire face aux « actes menaçants » de l’OTAN à ses frontières orientales et aux « provocations » de Kiev. Et le Kremlin a affirmé à plusieurs reprises « ne menacer personne ».

« Les troupes ont démontré leur capacité à assurer une défense fiable du pays. J’ai donc décidé d’achever les activités d’inspection dans les districts militaires du Sud et de l’Ouest », frontaliers de l’Ukraine, a déclaré jeudi le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.

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Des chars russes faisant la queue pour être embarqués à bord d’avions de transport durant un exercice militaire, sur une base en Crimée.

Les soldats déployés rentreront avant le 1er mai, a-t-il ajouté.

M. Choïgou était arrivé quelques heures plus tôt dans la péninsule de Crimée annexée par la Russie en 2014 pour assister à des exercices militaires impliquant 10 000 militaires, l’aviation, une quarantaine de navires de guerre, la défense antiaérienne et des troupes aéroportées.

Avant les manœuvres de vendredi en Crimée, plusieurs autres exercices avaient eu lieu les jours précédents en mer Noire, tandis que des dizaines de milliers de soldats – jusqu’à 100 000 selon l’Union européenne – étaient massés aux frontières ukrainiennes et dans la péninsule annexée.

Moscou a aussi limité pour six mois la navigation de navires militaires et officiels étrangers dans trois zones au large de la péninsule annexée, notamment autour de la presqu’île de Kertch.

Ces restrictions avaient été dénoncées comme une « escalade » par Washington.

Le conflit entre Kiev et les séparatistes prorusses a fait des dizaines de morts depuis janvier.

Un soldat ukrainien a été tué jeudi dans un bombardement sur la ligne de front, selon l’armée ukrainienne.

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Des frégates russes participant à des manœuvres navales dans la mer Noire, non loin de l’Ukraine.

Peu avant l’annonce de Moscou, des militaires ukrainiens postés en périphérie de Donetsk, l’un des bastions des séparatistes, doutaient encore de la possibilité de résoudre la crise par le dialogue.

« Tout est dans l’impasse, personne ne veut régler le conflit par les moyens diplomatiques, mais personne ne veut la guerre non plus », a dit Kyrylo, un militaire de 35 ans.