(Moscou) Le bureau du procureur russe a demandé vendredi à ce que plusieurs organisations de l’opposant incarcéré Alexeï Navalny soient déclarées « extrémistes » et donc interdites. Cette requête survient le même jour où un tribunal russe a condamné à deux ans de prison ferme un collaborateur de l’opposant emprisonné Alexeï Navalny pour la publication de messages jugés « extrémistes » sur le réseau social Twitter.

Agence France-Presse

« Sous couvert de slogans libéraux, ces organisations s’emploient à créer les conditions de la déstabilisation de la situation sociale et sociopolitique », a déclaré le bureau du procureur de Moscou dans un communiqué, expliquant avoir demandé à un tribunal moscovite de qualifier d’« extrémistes » le Fonds de lutte contre la corruption et ses bureaux régionaux.

Pavel Zelensky, un caméraman travaillant pour le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), l’organisation fondée par M. Navalny, avait publié le 2 octobre deux tweets pour exprimer sa colère après le suicide d’une journaliste.  

Irina Slavina, rédactrice en chef d’un site d’information russe indépendant et critique des autorités à Nijni Novgorod, s’était immolée par le feu à la suite d’une perquisition de la police à son domicile.  

« Toutes ces ordures »

Pavel Zelensky avait réagi sur son compte Twitter en s’en prenant avec des mots vulgaires à « ce pouvoir de pacotille », ajoutant qu’il haïssait le président Vladimir Poutine, son porte-parole Dmitri Peskov et « toutes ces ordures » au pouvoir.

Le 15 janvier, il avait été arrêté par la police et inculpé pour « appels publics à des actions extrémistes » publiés sur l’internet.  

Une porte-parole du tribunal Touchinski de Moscou a précisé à l’AFP que Pavel Zelensky effectuera sa peine dans une colonie pénitentiaire à « régime normal ».

Selon sa femme, Natalia Zelenskaïa, il avait choisi de plaider coupable « dans l’espoir de réduire sa peine ».

Sur Twitter, Alexeï Navalny avait estimé le 15 janvier que les tweets de Pavel Zelensky décrivaient « justement » la situation.  

En 2019, un blogueur russe avait été condamné à cinq ans de prison pour un tweet suggérant de s’en prendre aux enfants de policiers.