(Barcelone) L’élection d’un nouveau président régional en Catalogne (nord-est de l’Espagne) s’est heurtée vendredi aux divisions entre les formations indépendantistes, majoritaires au parlement local.

Agence France-Presse

Candidat du parti ERC (Gauche Républicaine de Catalogne), Pere Aragonès, actuel vice-président de la région, n’a obtenu que 42 voix, loin des 68 voix dont il avait besoin (sur 135 votants).  

Un nouveau scrutin doit avoir lieu mardi, et cette fois il n’aura pas besoin d’obtenir une majorité absolue mais plus de voix en sa faveur que contre lui.

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L’actuel vice-président de la Catalogne, Pere Aragonès

S’il échoue à nouveau mardi, le parlement régional aura deux mois pour élire un nouveau président, faute de quoi de nouvelles élections devront être organisées.  

Trois ans et demi après l’échec de la tentative de sécession d’octobre 2017, les partis indépendantistes ont renforcé leur majorité absolue lors des élections du 14 février avec 74 sièges sur 135 au parlement régional.

Mais ERC (33 députés) ne peut faire élire son candidat, un juriste de 38 ans, sans l’appui de l’autre grand parti indépendantiste, Ensemble pour la Catalogne (JxC) de Carles Puigdemont et des radicaux de la CUP (9 sièges).  

Les relations entre ERC et JxC, qui gouvernent ensemble la région depuis 2015, se sont détériorées depuis l’échec de 2017 à la suite duquel ERC a abandonné la stratégie de rupture unilatérale avec Madrid et opté pour le dialogue.

Il y a un an, ses députés ont permis la reconduction au pouvoir du premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez en échange d’une négociation sur la crise catalane, gelée en raison de la pandémie mais qu’Aragonès appelle à reprendre « sans délai ».

Plus modéré que les derniers présidents catalans, issus de JXC, M. Aragonès défend toutefois la nécessité d’un référendum d’autodétermination, auquel le gouvernement espagnol est farouchement opposé.

« La résolution du conflit passe inévitablement par un référendum », a estimé vendredi M. Aragonès qui, dans son accord avec la CUP, évoque la possibilité d’organiser cette consultation sans l’accord du pouvoir central comme en 2017, si les négociations avec Madrid n’aboutissent pas.

Avec 7,8 millions d’habitants, la Catalogne est une des régions les plus riches d’Espagne. Le mouvement indépendantiste y est fort depuis 2010 mais les habitants de la région sont très divisés sur le sujet.