(Berlin) Plusieurs parlementaires allemands, dont des membres du Bundestag, la chambre basse, et d’autres personnalités politiques ont fait l’objet d’une attaque informatique récente dont la piste pourrait remonter vers la Russie, affirment vendredi plusieurs médias allemands.

Agence France-Presse

« Tous les membres du parlement concernés » ont été « informés de l’attaque et des mesures correspondantes » par les autorités de sécurité et l’administration du Bundestag, a indiqué vendredi à l’AFP un porte-parole du Bundestag.  

Selon les « informations disponibles à ce jour », il n’y a toutefois eu « aucune attaque directe contre l’infrastructure du Bundestag allemand », a-t-il ajouté, sans préciser la date de cette attaque.

Celle-ci a touché les ordinateurs d’au moins sept membres du Bundestag ainsi que de 31 membres des parlements régionaux mais aussi de « militants politiques » de la région de Brême et de Hambourg, croit savoir le Spiegel.  

Bild parle lui de « 200 à 300 Allemands » concernés, dont des membres d’ONG lors de ce piratage survenu « dans les semaines passées ».

Le Spiegel avance que les experts en sécurité soupçonnent le service de renseignement militaire russe GRU d’être à l’origine de ces attaques.

Les pirates auraient tenté de détourner les comptes de membres appartenant en majorité aux partis conservateurs d’Angela Merkel (CDU/CSU) et social-démocrate (SPD), membres de la coalition au pouvoir, par le biais de courriels d'hameçonnage.  

Ce n’est pas la première fois que le Bundestag est victime de telles attaques et que les soupçons se tournent vers Moscou.

Fin février, le parquet fédéral avait accusé un Allemand d’avoir transmis entre fin juillet et début septembre 2017 des données sur la chambre des députés aux services de renseignements russes et à l’ambassade de Russie à Berlin. Son procès pourrait avoir lieu dans les mois à venir.

La Russie est également accusée d’un piratage informatique à grande échelle qui a visé en 2015 les ordinateurs du Bundestag et les services de la chancelière Angela Merkel, ainsi que l’OTAN et la chaîne de télévision francophone TV5 Monde.

Mme Merkel, qui s’escrime à maintenir envers et contre tout le fil du dialogue avec le président Vladimir Poutine, a elle-même déploré par le passé des tentatives « scandaleuses » de piratage et assuré disposer de « preuves tangibles » de l’implication de la Russie.