(Bruxelles) Les États-Unis ont sommé mercredi la Turquie de renoncer au système de défense antimissile acheté à la Russie et se sont dits préoccupés par le retrait d’Ankara de la convention internationale sur la protection des femmes, a annoncé un porte-parole américain.

Agence France-Presse

Le secrétaire d’État Antony Blinken a formulé cette exigence et fait part de ses préoccupations à son homologue turc Mevlüt Çavuşoğlu lors d’un entretien durant la réunion de l’OTAN à Bruxelles, a précisé son porte-parole Ned Price.

« Le secrétaire d’État Blinken a exhorté la Turquie à ne pas conserver le système de défense aérienne russe S-400, s’est dit préoccupé par le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique et a souligné l’importance des institutions démocratiques et du respect des droits de l’homme », a déclaré Ned Price après l’entretien.

« Ce n’est un secret pour personne que nous avons des différends avec la Turquie, notamment au sujet des S-400 (un système antimissile russe) et de certaines actions entreprises, y compris en Méditerranée orientale. Ce n’est pas non plus un secret que la Turquie est un allié de longue date et apprécié, et un allié que nous avons, je crois, un grand intérêt à garder ancré à l’OTAN », avait déclaré Antony Blinken mardi au cours d’une discussion avec le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg.

Washington considère que les S-400 russes sont « incompatibles avec l’équipement de l’OTAN, ils menacent la sécurité de la technologie de l’OTAN et ils ne sont pas conformes aux engagements de la Turquie en tant que membre de l’OTAN ».

Les États-Unis ont interdit en décembre l’attribution de tout permis d’exportation d’armes au SSB, l’agence gouvernementale turque chargée des achats d’équipements militaires, pour punir Ankara de l’acquisition des S-400.  

La Turquie a en outre été écartée du programme de fabrication de l’avion de guerre américain dernier cri F-35, estimant que les S-400 pourraient en percer les secrets technologiques. En réponse, Ankara a pris langue avec Moscou pour acheter des avions russes, a-t-on appris de source diplomatique européenne.  

M. Blinken rejoint les préoccupations exprimées par de nombreux alliés membres de l’Union.

Les dirigeants de l’Union européenne doivent définir jeudi leur position face à la Turquie lors d’un sommet.

Ils vont opter pour une démarche « progressive, conditionnelle et réversible » et mettre Ankara sous surveillance jusqu’à leur prochain sommet en juin, a annoncé le président du Conseil européen Charles Michel dans sa lettre d’invitation pour le sommet.