(Varsovie) Un tribunal polonais a condamné lundi un prêtre à une peine de prison pour avoir agressé sexuellement un jeune garçon, dans une affaire qui a déclenché un débat national sur les faits commis par les membres du clergé dans ce pays catholique.  

Agence France-Presse

Le père Arkadiusz Hajdasz, 52 ans, qui a plaidé coupable d’avoir embrassé le garçon et l’avoir soumis à des attouchements à plusieurs reprises, a été condamné à trois ans de prison par le tribunal de Pleszew, selon les médias locaux.

Le garçon, Bartlomiej Pankowiak, était âgé de 10 ans lorsque les faits qui se sont étalés sur deux ans ont pris fin en 2000.

Le prêtre s’est également vu imposer une interdiction de travailler avec des enfants et des jeunes pendant 10 ans.

« J’ai commis l’acte en question… Je tiens à m’excuser sincèrement du fond de mon humble cœur », a déclaré le père Hajdasz aux journalistes la semaine dernière.

« Je reconnais l’énorme préjudice que j’ai causé à Bartlomiej par ma faiblesse humaine, mon incompétence, mon péché. »

Bartlomiej Pankowiak et son frère aîné Jakub, qui dit avoir également été abusé par le prêtre, ont fait l’objet d’un documentaire qui est devenu viral lors de sa sortie sur YouTube l’année dernière.

Visionné près de huit millions de fois, « le jeu de cache-cache » de Marek et Tomasz Sekielski a secoué les Polonais, les abus sexuels commis par le clergé étant longtemps un sujet tabou dans ce pays catholique.  

Selon le documentaire, le père Hajdasz a été déplacé d’une paroisse à une autre et a commis des abus pendant un quart de siècle, prétendument avec la protection tacite de hauts responsables de l’Église.

Plusieurs autres personnes s’étaient également adressées aux autorités pour accuser le père Hajdasz d’abus sexuels, mais dans leur cas, le délai de prescription était déjà expiré.

« Ce qui compte le plus, c’est que l’auteur ait avoué et ait été condamné » à déclaré lundi à l’AFP Jakub Pankowiak.

« C’est encore un pas de plus pour aider les victimes à retrouver leur dignité et qui sert d’avertissement aux autres délinquants sexuels », a-t-il dit.