(Paris) Le président français Emmanuel Macron a estimé lundi qu’il fallait encore tenir « quatre à six semaines » avant un assouplissement des restrictions sanitaires, au moment où se profile un nouveau tour de vis dans vingt départements menacés par la montée de l’épidémie de COVID-19.

Agence France-Presse

« Il faut tenir encore quelques semaines, quatre à six semaines », a affirmé le chef de l’État sans plus de précision lors d’une visite en région parisienne. Il répondait à un jeune qui demandait que le couvre-feu soit repoussé de 18 h à 19 h.

La présidence française a ensuite précisé que cette phrase se référait à la progression de la vaccination des plus âgés, qui permettra d’éclaircir l’horizon en allégeant la pression hospitalière, mais sans préjuger d’éventuelles restrictions sanitaires.

Le premier ministre Jean Castex a annoncé qu’à la mi-mai, « la totalité des personnes de plus de 50 ans se sera vu proposer une première injection » contre la COVID-19.

Pour l’heure, seules près de trois millions de personnes ont reçu au moins une dose, dont 1,561 million, deux doses.

La France, confrontée à une reprise épidémique soutenue, entame une semaine charnière dans la lutte contre la COVID-19. Le gouvernement, qui tente d’éviter un troisième confinement généralisé, compte notamment sur des mesures territorialisées pour contenir la diffusion du virus.

« Je vous ai entendu, on fait tout ce qu’on peut », a répondu Emmanuel Macron à un homme venu se faire vacciner dans un centre de Bondy, près de Paris, qui lui a lancé : « Ne nous reconfinez pas ».

Il s’agissait de la première visite du chef de l’État dans un centre de vaccination depuis le début de la campagne.  

Le ministre français de la Santé Olivier Véran a annoncé lundi soir que l’utilisation du vaccin AstraZeneca allait être étendue aux personnes âgées plus de 50 ans présentant des comorbidités.

Les 75 ans et plus continueront à être vaccinés avec le Pfizer ou le Moderna en centre de vaccination, a-t-il ajouté.

Des concertations ont par ailleurs eu lieu lundi entre représentants de l’État et élus locaux de vingt départements, notamment en région parisienne et autour des grandes métropoles (Lyon, Marseille, Lille) qui craignent une nouvelle explosion des contaminations avec la propagation des variants. Des confinements locaux le week-end, comme sur une partie du littoral méditerranéen et à Dunkerque (Nord), pourraient être ordonnés à l’issue de ces consultations.

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, a quant à elle réitéré son opposition à un confinement de la capitale le week-end, prônant au contraire l’accès aux espaces publics pour la population. Son premier adjoint avait créé une vive émotion la semaine dernière en évoquant trois semaines de confinement total.

Dimanche, à Paris, 3600 policiers et gendarmes ont tenté de réguler l’affluence sur les quais de Seine bondés en cette journée ensoleillée.  

La COVID-19 a fait près de 87 000 morts en France depuis le début de la pandémie. Plus de 3500 personnes atteintes du coronavirus étaient soignées dimanche dans les services de réanimation, un indicateur en lente progression.