(Rome) Les militants du Mouvement 5 Étoiles, qui compte un tiers des élus du parlement italien, se sont prononcés jeudi en faveur du gouvernement d’unité nationale dirigé par Mario Draghi.

Agence France-Presse

Lors d’un vote en ligne réservé à environ 120 000 militants, 59,3 % des votants se sont prononcés en faveur d’un soutien au gouvernement Draghi.

Le M5S, un parti « antisystème »

L’inconnue sur la position du Mouvement 5 Étoiles, un parti antisystème avant son arrivée au pouvoir, était le dernier obstacle à la naissance du gouvernement de M. Draghi, qui pourrait être annoncée dès vendredi.

La consultation sur l’internet, qui s'est terminée à midi, heure du Québec, représentait un choix difficile pour le M5S, né comme un mouvement d’opposition aux élites, dont M. Draghi est issu. Il est l’ex-président de la Banque centrale européenne et gouverneur de la banque centrale italienne.

Lors de consultations politiques, les dirigeants 5 Étoiles ont toutefois obtenu des engagements de M. Draghi, notamment en matière de politique environnementale, un des chevaux de bataille du mouvement.

« À un des moments les plus dramatiques de notre histoire récente, le M5S choisit la voie du courage et de la participation, mais surtout la voie européenne », a réagi le ministre des Affaires étrangères sortant Luigi Di Maio, l’un des caciques du mouvement, qui avait appelé à voter oui.

Le président de la chambre basse du Parlement, Roberto Fico, une autre figure de proue du M5S, s’était lui aussi dit favorable, tandis que le fondateur du mouvement, Beppe Grillo, avait fait des déclarations flatteuses sur M. Draghi.

Attelage hétéroclite

Mario Draghi se retrouve désormais à la tête d’un attelage hétéroclite rassemblant quasiment tous les partis représentés au parlement, du Parti démocrate (centre gauche) à la Ligue d’extrême droite de Matteo Salvini en passant par le parti Forza Italia (droite) de Silvio Berlusconi et bien sûr le M5S.

« Un soutien du M5S, premier parti au sein du parlement, est important pour lui afin qu’il puisse débuter avec la plus large majorité parlementaire possible et être moins dépendant » de Matteo Salvini et de ses troupes, a souligné Federico Santi, un analyste du groupe de réflexion Eurasia Group.

Selon les observateurs, Draghi pourrait dévoiler son gouvernement et prêter serment d’ici la fin du week-end, puis demander la confiance au parlement en début de semaine.

En tête de ses priorités figurent notamment l’accélération de la campagne vaccinale et la mise en musique du plan de relance financé par les quelque 200 milliards d’euros octroyés à Rome dans le cadre du dispositif de l’Union européenne. L’Italie, plongée dans sa pire récession depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, doit présenter son plan à Bruxelles d’ici fin avril.