(Dublin) Les contrôles post-Brexit suspendus il y a une semaine en raison de craintes pour la sécurité des agents vont reprendre à partir de mercredi, a annoncé mardi le gouvernement local.

Agence France-Presse

Selon le ministère nord-irlandais de l’Agriculture, les contrôles sur les produits agroalimentaires qui avaient été suspendus dans les ports de Larne et Belfast vont « reprendre progressivement » à partir de mercredi.

Les agents, locaux et de l’Union européenne, s’étaient retirés en raison de craintes qu’ils ne soient pris pour cible, sur fond de crispations autour du protocole qui a introduit les contrôles, entrés en vigueur depuis le 1er janvier dans la province britannique qui compte 1,9 million d’habitants.

Selon les termes du protocole, qui fait partie de l’accord de divorce négocié entre Londres et Bruxelles, l’Irlande du Nord reste de fait dans l’union douanière et le marché unique européens pour les marchandises, introduisant ainsi des contrôles sur le fret arrivant dans la province britannique en provenance de Grande-Bretagne.

Cette solution a été adoptée pour éviter le retour d’infrastructures frontalières entre la province britannique et la République d’Irlande, points de frictions lors de trois décennies sanglantes entre unionistes et républicains qui ont pris fin en 1998.

Mais ces nouvelles dispositions ont entraîné des problèmes d’approvisionnement dans les supermarchés et créent la colère des unionistes, qui voient dans ces contrôles une frontière en mer d’Irlande.

Selon le ministre d’État britannique Michael Gove, ces perturbations s’apparentent aux « turbulences » lors du décollage d’un avion. « En fin de compte le personnel de bord vous dit que vous pouvez détacher votre ceinture et vous profitez d’un gin tonic avec des cacahuètes », a-t-il filé la métaphore mardi devant une commission parlementaire.

Il a reproché à l’UE d’avoir jeté de l’huile sur le feu en voulant récemment suspendre le protocole pour contrôler l’exportation des vaccins anti-COVID-19, avant finalement de se raviser face au tollé.

Une pétition contre les contrôles et en faveur d’un retour à un commerce sans entraves a engrangé 137 000 signatures.