(Paris) La France et l’Allemagne comptent valider « d’ici au printemps » l’accord industriel devant mener en 2026 à la réalisation d’un démonstrateur en vol du Système de combat aérien du futur (SCAF), programme-phare de la coopération de défense entre les deux pays.

Agence France-Presse

« D’ici à quelques semaines très proches, nous aurons levé les derniers points qui demeuraient et j’ai ensuite bon espoir que, d’ici au printemps, on puisse arriver aux validations administratives et politiques qui sont attendues pour tenir le calendrier et nos ambitions », a affirmé le président français Emmanuel Macron à l’issue d’un conseil de défense franco-allemand avec Angela Merkel.

Les deux pays, associés à l’Espagne, espèrent valider avant les élections allemandes en septembre et la présidentielle en France au printemps 2022 les contrats industriels d’étude (phase 1B) devant mener un démonstrateur en vol du SCAF, qui doit remplacer à l’horizon 2040 les Rafale français et Eurofighter allemands et espagnols.

Cela suppose un accord entre exécutifs, le vote du budget au Bundestag et la passation des contrats avec les industriels.

La validation de l’accord compliquerait grandement toute éventuelle velléité future d’abandonner le projet, en raison du montant alors investi : un milliard d’euros pour la phase 1B sur un total de 6 milliards pour aboutir au démonstrateur, selon une source proche du dossier.

A ce stade, les deux pays ont engagé à parts égales 150 millions d’euros en février 2020 pour les premières études de démonstrateurs (phase 1A) prévues sur 18 mois.

Evoquant des « progrès en ce qui concerne la répartition des tâches », la chancelière a toutefois adressé une mise en garde à la partie française lors de la conférence commune par visioconférence : « nous savons qu’il s’agit d’un projet sous direction française mais ce doit être un projet où les deux pays jouent d’égal à égal et là il y a encore beaucoup de questions à clarifier ».

Les deux dirigeants ont notamment évoqué les questions de propriété intellectuelle, qui font l’objet d’âpres discussions entre États et industriels, au premiers rangs desquels Dassault Aviation et Airbus.

Le chef d’état-majoir de l’armée de l’Air allemande Ingo Gerhartz a récemment évoqué le refus de Berlin d’avoir affaire à des « boîtes noires » technologiques sur lesquelles il ne pourrait avoir de prise faute de propriété intellectuelle sur certaines technologies. Côté français, les industriels rechignent à laisser filer certains secrets au cœur de leurs compétences.