(Bruxelles) Les importants retards de livraison du vaccin anti-COVID-19 du laboratoire suédo-britannique AstraZeneca sont « un véritable problème » pour l’UE, car il devait être le fer de lance de la vaccination de masse des Vingt-Sept, a indiqué lundi la Commission européenne.

Marc BURLEIGH
Agence France-Presse

AstraZeneca, dont le produit « allait être le vaccin de masse pour le premier trimestre » 2021, ne livrera qu’une portion des 120 millions de doses promises pour la période et « il faut réaliser que cette absence génère un véritable problème », a déclaré la directrice générale de la Santé au sein de l’exécutif européen, Sandra Gallina.

Seuls deux autres vaccins, ceux du duo américano-allemand Pfizer-BioNTech et de l’américain Moderna, sont autorisés dans l’UE – avec une montée en puissance attendue au deuxième trimestre.

« Il y aura beaucoup plus de doses au deuxième trimestre, car un nouveau contrat (le second signé avec BioNTech-Pfizer) entrera en vigueur », a rappelé Mme Gallina, auditionnée devant des députés européens.

Le laboratoire allemand BioNTech a confirmé lundi la livraison à l’UE de jusqu’à 75 millions de doses supplémentaires au deuxième trimestre du vaccin développé avec Pfizer.  

Le ton est monté ces dernières semaines entre les dirigeants européens et AstraZeneca, qui a accumulé les retards de livraisons de son vaccin anti-COVID-19.

AstraZeneca avait expliqué ne pouvoir livrer qu’« un quart » des 120 millions de doses initialement promises à l’UE au premier trimestre, accusant une « baisse de rendements » dans une usine européenne.  

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a finalement annoncé dimanche que le laboratoire livrerait finalement 40 millions de doses au total au 1er trimestre

Mais l’annonce de ces retards a alimenté les spéculations sur des acheminements vers le Royaume-Uni de vaccins produits dans l’UE, au détriment de ses obligations contractuelles avec Bruxelles.

Le PDG d’AstraZeneca, Pascal Soriot, avait assuré dans un entretien à plusieurs médias européens que l’entreprise avait seulement promis de « faire de son mieux » pour honorer les commandes européennes, une formule figurant en effet dans le contrat rendu public par l’UE.

Mais « les calendriers sont contraignants quand il s’agit du bon de commande du vaccin […] Je ne vois donc pas où sont vos efforts là-dedans », a rétorqué Mme Gallina.  

Elle a également souligné que, dans le cadre des contrats passés entre l’UE et les fabricants de vaccins, « nous pouvons soit recevoir les produits soit (nous faire rembourser) les montants que nous avons payés ».

La Commission européenne a alloué 336 millions d’euros à AstraZeneca pour développer son vaccin et accroître ses capacités de production, même si l’intégralité de la somme n’a pas été versée. « Je n’ai pas le vaccin, vous n’avez pas le paiement de la Commission, » a résumé Sandra Gallina.