(Londres) Le gouvernement britannique a indiqué samedi avoir reçu des assurances que ses approvisionnements en vaccins contre le coronavirus ne seront pas compromis, après des dissensions avec l’Union européenne sur les restrictions imposées à leurs exportations.

Publié le 30 janv. 2021
Agence France-Presse

« Nous avons reçu les garanties que […] les approvisionnements que nous avons payés seront livrés », a déclaré Michael Gove, le ministre chargé de la coordination de l’action gouvernementale, à des journalistes.  

« Nous nous attendons à ce que les contrats (conclus avec les laboratoires Pfizer et AstraZeneca) seront honorés » et que « les vaccins continueront d’être livrés au Royaume-Uni », a-t-il ajouté, soulignant que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, « comprenait exactement la position du gouvernement britannique ».  

« Nous sommes sûrs que nous pouvons poursuivre notre programme de vaccination exactement comme prévu », a-t-il précisé.  

Sur Twitter, le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab a également indiqué avoir « reçu l’assurance que l’UE n’avait pas l’intention de bloquer les fournisseurs exécutant les contrats de distribution de vaccins au Royaume-Uni », lors d’une « conversation constructive » avec le commissaire européen au Commerce Valdis Dombrovskis.

« Le monde regarde et ce n’est que par la collaboration internationale que nous vaincrons cette pandémie », a-t-il ajouté.  

« Inapplicable »

Confrontée à des retards de livraisons du vaccin du laboratoire AstraZeneca, l’UE a mis sur pied un mécanisme pour contrôler les acheminements hors de l’UE des vaccins contre la COVID-19 qui y sont produits et interdire les exportations non « légitimes ».

Avant de faire marche arrière, l’UE avait provoqué le mécontentement des autorités britanniques et irlandaises en décidant vendredi d’inclure dans ce mécanisme la province britannique d’Irlande du Nord, qui jouit d’un régime spécial depuis le Brexit.  

Cette décision lui aurait permis de déroger exceptionnellement, pour les vaccins, au protocole conclu dans le cadre du Brexit et destiné à éviter le retour d’une frontière et de contrôles douaniers entre l’Irlande du Nord et l’Irlande, membre de l’UE, afin de préserver la paix sur l’île.  

Lors d’un entretien vendredi soir avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le premier ministre britannique Boris Johnson avait exprimé ses « graves préoccupations » face aux intentions de l’UE.  

« L’Union européenne a reconnu avoir fait une erreur […], qui aurait entraîné le rétablissement d’une frontière sur l’île d’Irlande », a souligné Michael Gove.  

Le Royaume-Uni importe les vaccins Pfizer/BioNTech d’une usine en Belgique. L’UE a par ailleurs réclamé au laboratoire AstraZeneca de recourir à la production d’usines situées au Royaume-Uni pour fournir les doses promises aux Vingt-Sept, ce qui pourrait affecter le programme de vaccination britannique. Plus de 8,4 millions de personnes ont déjà reçu une première dose.  

Samedi, la première ministre nord-irlandaise Arlene Foster a appelé à remplacer l’accord sur l’Irlande du Nord, qu’elle a jugé « inapplicable » et qui entraîne, selon elle, des perturbations dans les échanges commerciaux entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne.  

« Il y a beaucoup d’agitation et de tensions au sein de la population ici en Irlande du Nord. Ainsi, ce protocole qui était censé apporter la paix et l’harmonie en Irlande du Nord fait plutôt le contraire », a estimé la dirigeante unioniste, appelant Boris Johnson à « agir très rapidement ».  

Dans un entretien au Times samedi, l’ancien négociateur de l’UE sur le Brexit Michel Barnier a appelé Londres et Bruxelles à « préserver l’esprit de coopération » entre eux.