(Bruxelles) L’Union européenne a assuré mercredi que la Chine sait qu’elle devra respecter ses engagements en matière de droit du travail dans le cadre de l’accord d’investissement récemment conclu avec Bruxelles, repoussant les critiques selon lesquelles ce texte serait trop faible sur les droits de l’homme.

Agence France-Presse

Cette déclaration de Sabine Weyand, directrice générale « Commerce » à la Commission européenne, intervient après le vote d’une résolution très critique des eurodéputés contre cet accord de principe, au moment où le régime chinois renforce son emprise sur Hong Kong et la minorité musulmane ouïghoure au Xinjiang (nord-ouest).

L’opinion des législateurs européens est importante, car ils devront approuver l’accord d’investissement, soutenu par l’Allemagne et conclu le mois dernier après sept ans de négociations laborieuses.

« Je ne sous-estime pas l’énorme défi que nous devons relever pour lier la Chine à un système basé sur des règles, mais nous n’avons pas d’alternative à cela. Il n’y a pas d’alternative à l’engagement », a déclaré Sabine Weyand lors d’un échange organisé par le Centre for European Policy Studies (CEPS), à Bruxelles.

Mme Weyand a riposté aux critiques selon lesquelles il n’y a pas grand-chose à attendre d’un accord qui sert principalement à ouvrir le très hermétique marché chinois aux entreprises européennes.

Quel est votre critère ? Est-ce un monde idéal, où nous transformons miraculeusement, grâce à un accord d’investissement, la Chine en une démocratie libérale et une économie de marché ouverte ?

Sabine Weyand, directrice générale « Commerce » à la Commission européenne

« Ou devrions-nous utiliser comme critère de savoir si l’UE a obtenu le meilleur qu’elle pouvait ? », a-t-elle déclaré, ajoutant que les États-Unis avaient obtenu moins de résultats dans leur relation avec la Chine.

Mme Weyand, une personnalité influente de l’UE, a également souligné que l’accord comportait des références aux conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), notamment sur le travail forcé et que la Chine s’est engagée à « œuvrer » à leur ratification.

« Nous devons utiliser cela intelligemment et travailler avec les Chinois en leur disant que s’ils veulent que cet accord soit ratifié en Europe, il faut que quelque chose se passe d’ici le vote », a-t-elle déclaré.

De son côté, l’ambassadeur de l’UE à Pékin, Nicolas Chapuis, a estimé lundi lors d’une conférence de presse que les accords commerciaux ou d’investissement n’étaient pas « des instruments (juridique) » pour faire respecter « les droits de l’Homme ».