(Folmava) De longues files de voitures se sont formées lundi à la frontière tchéco-allemande et les travailleurs frontaliers ont dû prendre leur mal en patience avec l’entrée en vigueur de conditions d’entrée plus strictes en Allemagne à cause du coronavirus.

Agence France-Presse

Au poste frontalier de Folmava-Fuerth im Wald, l’impatience se mêlait à la colère alors qu’il fallait attendre environ deux heures pour traverser cette frontière interne de l’UE, que l’on passait sans s’arrêter avant la pandémie.  

« Il fait froid et il neige et il n’y a même pas de toilettes », a déclaré à l’AFP Yveta Haladova, une infirmière tchèque travaillant en Allemagne.

« C’est difficile pour tout le monde, y compris pour mon employeur, car nous ne savons pas combien de temps cela va durer », a-t-elle ajouté.

Le stationnement à la frontière, où il y a plus de 30 ans s’élevait le rideau de fer séparant l’ouest de l’est de l’Europe, était plein et près d’une centaine de voitures formaient une longue file d’attente. Un centre de tests antigéniques a été installé à la hâte dans un bâtiment de contrôle aux frontières.

« Je viens de passer mon test et j’attends le résultat, qui devrait arriver par texto ou par courriel », a déclaré Lukas Kottnauer, un travailleur de l’industrie automobile.

« C’est très ennuyeux, d’autant plus que nous allons devoir nous faire dépister toutes les 48 heures », a-t-il précisé.

La République tchèque étant désormais classée pays à haut risque par l’Allemagne, toute personne arrivant de ce pays doit désormais présenter un résultat de test COVID-19 négatif.

Dans le cas de personnes traversant la frontière du Land allemand de Bavière comme celles du poste-frontière de Folmava, le test doit avoir été passé dans les 48 dernières heures, ce qui signifie que les travailleurs frontaliers devront se faire dépister tous les deux jours.

Des dizaines de milliers de Tchèques se rendent régulièrement en Allemagne pour leur travail, dont beaucoup dans le secteur de la santé.

Miroslava Jozova, qui travaille dans une usine d’électronique, a déclaré qu’elle envisageait une proposition de son entreprise pour être hébergée du côté allemand de la frontière.

« Mais ce n’est tout simplement pas possible pour ceux qui ont de jeunes enfants et qui doivent retourner en République tchèque tous les jours », a-t-elle souligné.

Au poste de contrôle, le policier allemand Gerhard Bauemler ne cache pas sa frustration face aux personnes ne respectant pas la distance sociale et qui fument dans la file d’attente avant de se faire dépister.

« Tout le monde doit attendre dans sa voiture jusqu’à ce qu’on l’appelle pour faire la queue et à se faire tester », a-t-il déclaré.

« Ce sera comme ça tous les jours, à moins que la réglementation ne soit modifiée », a-t-il insisté.

Pour accélérer la circulation, la Bavière envisage d’ouvrir plus de centres de test rapide à divers points de passage frontaliers.

Dans le land allemand voisin de Saxe, la règle a été assouplie pour permettre aux travailleurs de subir des tests deux fois par semaine du côté allemand, avant de commencer à travailler.