(Madrid) Le gouvernement espagnol exclut pour l’instant un nouveau confinement pour lutter contre la troisième vague de COVID-19 mais pourrait permettre aux régions d’avancer leur couvre-feu, a annoncé samedi le ministre de la Santé.

Agence France-Presse

« Nous n’envisageons actuellement aucun confinement à domicile », a déclaré Salvador Illa lors d’une conférence de presse, une stratégie qui contraste avec de nombreux autres pays comme la Grande-Bretagne, qui a reconfiné sa population.

Cinq régions ont réclamé cette semaine au gouvernement central de mettre en place un confinement strict, alors que les cas de COVID-19 explosent en Espagne depuis les Fêtes.

Après avoir franchi la semaine dernière la barre symbolique des deux millions de cas confirmés, l’Espagne a enregistré vendredi un nombre record de 40 197 cas en 24 heures.

« La situation est très préoccupante » mais désormais « nous avons de l’expérience et nous savons comment faire fléchir cette courbe » de contagions, a affirmé M. Illa.  

Pour les autorités, les diverses restrictions mises en œuvre dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire en vigueur jusqu’en mai et que les régions durcissent (couvre-feu, bouclage de certaines villes ou zones, réduction des capacités et horaires de fermeture des bars et restaurants, interdiction de rentrer sauf raison valable dans une région…) sont suffisantes.

En revanche, le gouvernement est disposé à « revoir » la frange horaire prévue pour le couvre-feu, a admis M. Illa.

Le décret d’état urgence autorise actuellement les régions à fixer leur couvre-feu entre 22 h et 7 h, avec une tolérance d’une heure en plus ou en moins.

Mais la Castille-et-Leon (centre) a décidé vendredi de fixer son couvre-feu à 20 h et le Pays basque (nord) à 18 h.

Face au retard de livraison des vaccins annoncé vendredi par la firme Pfizer, le ministre a annoncé que les pays de l’Union européenne recevraient la semaine prochaine « 56 % des doses prévues », soit environ 205 000 doses pour l’Espagne.

PHOTO JOSEP LAGO, AGENCE FRANCE-PRESSE

Des employés de l'hôpital Sant Joan de Deu reçoivent le vaccin contre la COVID-19, le 16 janvier à Barcelone.

La priorité sera donnée aux personnes ayant reçu la première dose au début de la campagne de vaccination et ayant maintenant besoin de la seconde dose, a-t-il expliqué.

« La semaine suivante, la prévision est que nous recevions les doses qui étaient prévues », a-t-il promis, estimant que la vaccination avait pris son « rythme de croisière » en Espagne, où 70 % des doses reçues ont été administrées.

L’objectif du gouvernement est de vacciner 70 % des 47 millions d’Espagnols d’ici à l’été.