(Kiev) L’Ukraine a promis mercredi de punir plusieurs personnes, dont un influent député du parti présidentiel, frappées par des sanctions américaines pour avoir aidé à discréditer Joe Biden, une affaire embarrassante pour la présidence ukrainienne.  

Agence France-Presse

Le gouvernement « fera tout ce qui est en son pouvoir afin de tenir pour responsables » les sept Ukrainiens accusés d’« ingérence dans les élections américaines », quelle que soit leur appartenance à tel ou tel parti, a twitté en anglais le chef de l’administration présidentielle ukrainienne Andriy Iermak.

Il s’agit de la première réaction ukrainienne à ces sanctions, le président Volodymyr Zelensky, qui était déjà au centre d’un scandale aux États-Unis en 2019, gardant un silence total deux jours après leur annonce par Washington, un allié crucial de Kiev.  

Les États-Unis ont sanctionné sept personnes et trois médias faisant « partie d’un réseau d’influence étrangère lié à la Russie » et « associé à Andreï Derkach », un député prorusse lui-même en proie à des sanctions américaines en 2020 en tant qu’« agent de la Russie ».  

Parmi ces personnes figure le député Oleksandre Doubinsky, un membre controversé du groupe parlementaire du parti présidentiel Serviteur du peuple et considéré comme très proche du sulfureux oligarque Igor Kolomoïsky.  

« Doubinsky est le premier représentant du pouvoir actuel visé par des sanctions américaines », a écrit mardi l’influent site internet d’information Evropeïska Pravda, ajoutant que la réaction de Kiev à sa présence parmi les personnes sanctionnées pourrait être un « test décisif » quant à la future coopération entre Kiev et Washington.  

Diplômé d’une école du KGB à Moscou, M. Derkatch avait rencontré fin 2019 Rudy Giuliani, en première ligne dans les efforts en vue de tenter de prouver le bien-fondé d’allégations de faits de corruption à l’encontre de Joe Biden et de son fils Hunter en lien avec l’Ukraine.

Le député avait ensuite rendu publics des enregistrements censés étayer cette corruption.

En 2019, quelques mois après avoir remporté l’élection présidentielle en Ukraine, M. Zelensky s’était déjà retrouvé au cœur d’un scandale politique américain.

À la suite de la révélation du contenu d’une conversation téléphonique entre MM. Trump et Zelensky, le président américain a été accusé d’avoir exigé que Kiev ouvre une enquête pour corruption contre les activités en Ukraine du fils de Joe Biden, afin de « salir » son possible adversaire démocrate à la présidentielle.

Cette affaire a mené au procès en destitution intenté à M. Trump, mais celui-ci avait finalement été acquitté par le Sénat.