(Tirana) Les psychologues d’Albanie ont interdit les prétendues « thérapies de conversion » qui visent à changer l’orientation sexuelle de jeunes membres de la communauté-Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres –, une avancée saluée samedi par les associations de défense des droits dans le pays.

Agence France-Presse

La décision prise vendredi par l’ordre des psychologues est « considérablement importante pour les adolescents LGBTI » (« I » pour intersexe), a insisté l’association de défense pour les droits des homosexuels Pink Embassy dans un communiqué.  

Tous les thérapeutes en Albanie doivent être membres de l’ordre des psychologues, dont les décisions sont définitives et « valides juridiquement », a expliqué à l’AFP Altin Hazizaj, président de cette association.

« C’est l’ultime décision qui n’a pas besoin de passer par le pouvoir législatif ou exécutif pour entrer en vigueur », a-t-il ajouté.  

« Bien que les rapports sur l’utilisation de ces thérapies en Albanie soient peu nombreux, les autoriser représentait une grave préoccupation », a poursuivi M. Hazizaj.  

Des données récoltées dans d’autres pays montrent que les personnes ayant subi ces thérapies étaient 8,4 fois susceptibles de se suicider et 5,9 fois plus exposées à la dépression, selon l’association.  

Les experts estiment que les interventions psychologiques et spirituelles qui visent à changer l’orientation sexuelle d’une personne sont faussement attribuées à la science, inefficaces et souvent dangereuses.

Le recours aux chocs électriques lorsque les sujets voient des images de pratiques homosexuelles et l’injection de testostérone figurent parmi les techniques les plus controversées.

En mars 2018, le Parlement européen a voté un texte condamnant ces pratiques et exhortant les États membres à les interdire.  

L’Allemagne est devenu début mai le deuxième pays membre de l’Union européenne après Malte à interdire les thérapies de conversion pour les mineurs.

En 2010, l’Albanie, essentiellement conservatrice, a adopté une loi contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.  

Cependant, au quotidien, la plupart des membres de la communauté LGBTI, comme dans beaucoup de pays d’Europe du sud-est, font toujours face aux préjugés, à la discrimination et aux violences conjugales, explique Pink Embassy.