(Rome) Une centaine de médecins sont décédés en Italie du nouveau coronavirus, qui a fait au total plus de 18 000 morts dans le pays, a annoncé jeudi à l’AFP leur fédération professionnelle.

Agence France-Presse

« Nous disposons du nombre de médecins décédés à cause de la COVID-19, c’est 100, peut-être même 101 à l’heure actuelle malheureusement », a indiqué jeudi après-midi le service de presse de la Fédération nationale des ordres de médecins en chirurgie et odontologie.

Le site de cette fédération est marqué d’un ruban noir en signe de deuil et donne les noms de tous les médecins décédés, dont certains étaient à la retraite et ont été rappelés pour aider des services sanitaires débordés.

« Nous ne pouvons plus permettre que nos médecins, nos opérateurs sanitaires, soient envoyés combattre à mains nues le virus », a écrit sur le site le président de la FNOMCEO, Filippo Anelli. « C’est un combat inégal qui nous fait du mal, qui fait du mal aux citoyens, du mal au pays ».

Une trentaine d’infirmiers et aides-soignants sont également décédés à cause de la COVID-19, selon les médias italiens. Selon l’Institut supérieur de la santé (ISS), principal organisme de santé publique de la péninsule, environ 10 % des contaminés appartiennent au personnel de santé.

« Notre objectif est d’assister les patients […] et nous le démontrons dans cette pandémie : c’est parmi les infirmiers que l’on trouve le pourcentage le plus élevé d’opérateurs sanitaires positifs au COVID, environ 52 %. Parmi les infirmiers, il y a ceux qui meurent de COVID parce que proches des patients, mais ils le font sans hésitation », a déclaré la présidente de la FNOPI, Barbara Mangiacavalli, citée par cette fédération syndicale d’infirmiers.

Selon le dernier bilan officiel publié jeudi soir, le coronavirus a fait en Italie 18 219 morts (+610 en 24 heures), pour un total de 143 626 cas (+4204). Pour le cinquième jour de suite, le nombre de patients en soins intensifs a baissé (3605, -88), et celui des personnes hospitalisées avec symptômes a lui aussi diminué (28 399,-6).

Face au ralentissement de la pandémie, le gouvernement italien envisage d’assouplir les mesures de confinement en vigueur depuis plus d’un mois et arrivant à échéance le 13 avril, une perspective qui fait l’objet de vifs débats entre les tenants d’un redémarrage de l’économie à l’arrêt et les partisans d’un maintien des mesures actuelles pour éviter un nouvelle vague de contagions.

« Nous ne pouvons pas penser vivre sous une cloche de verre. S’il vous plaît, ne devenons pas des maniaques », a exhorté dans une interview publiée jeudi par le quotidien Il Corriere della Sera le professeur Giovanni Rezza, directeur du Département des maladies infectieuses de l’ISS.