(Londres) Le premier ministre britannique Boris Johnson a promis d’accroître « massivement » le dépistage du nouveau coronavirus face aux critiques de plus en plus vives contre sa stratégie face à la pandémie.

Agence France-Presse

« Nous augmentons massivement les tests », a assuré le chef du gouvernement dans une vidéo postée sur Twitter depuis son appartement de Downing Street où il est en quarantaine après avoir été diagnostiqué positif à la COVID-19 la semaine dernière.

« C’est ainsi que nous allons débloquer le casse-tête du coronavirus […] et le vaincre », a martelé le dirigeant conservateur.

Cette déclaration est intervenue à la suite d’une « triste journée » mercredi, a reconnu M. Johnson, avec l’annonce de 563 décès supplémentaires liés à la COVID-19, un record. Au total, les autorités sanitaires ont dénombré 2352 morts à l’hôpital.

Jeudi, la presse attaque unanimement le gouvernement sur la question du dépistage, du tabloïd de gauche The Mirror, qui dénonce un « désastre » au quotidien conservateur The Telegraph, généralement très favorable au premier ministre, qui s’inquiète sur sa une des « questions sans réponses ».

Le Daily Mail a jugé « choquant » que seulement 2000 employés du NHS, le service public de santé, aient été testés.  

Ce chiffre est « loin de ce qu’on doit atteindre, mais c’est un bon début », a défendu Paul Cosford, directeur médical de Public Health England sur la BBC.

Au total jusqu’à présent, environ 153 000 tests ont été menés détectant près de 30 000 cas positifs.

Les autorités britanniques avaient d’abord choisi de réserver les tests aux cas les plus critiques, mais ont revu leur stratégie et comptent passer de 8000 tests menés quotidiennement à 15 000 dans les prochains jours.

Elles ne parviennent cependant pas à monter en puissance autant que souhaité en raison de la difficulté à s’approvisionner, la demande étant forte partout dans le monde, et parce que les laboratoires privés ne sont pas habilités à tester, ce qui pourrait changer.

L’objectif est notamment de renvoyer au travail, en cas de résultats négatifs, une partie du personnel médical actuellement en quarantaine, estimé au quart des effectifs.

Certains soignants se sont vus refuser un dépistage, faute d’avoir pris rendez-vous, a rapporté The Sun.

Joanna Pasieka, aide-soignante de 39 ans, s’est rendue dans un centre de dépistage installé à Wembley, dans le nord-ouest de Londres, sur les conseils des services d’urgence. « Ils m’ont dit de venir ici, mais ils ne me veulent pas me tester ici sans courriel. Je ne sais même pas qui je dois contacter pour obtenir un rendez-vous » a-t-elle confié au journal.

Outre le faible nombre de dépistages, les soignants s’alarment du manque de masques et de combinaisons médicales. Les appareils respiratoires sont également en nombre insuffisant, ce qui forcera les médecins à prendre de « graves décisions » et déterminer quels patients peuvent en bénéficier, a prévenu la British Medical Association, qui représente médecins et étudiants en médecine.

Selon The Guardian, un grand hôpital londonien s’est presque retrouvé à court d’oxygène face à l’afflux de patients atteints de COVID-19 nécessitant une aide respiratoire.