(Venise) Médecins, mendiants, guérisseurs, mais aussi des dizaines de Vénitiens ont participé à la procession commémorant la Grande Peste, qui avait décimé la Sérénissime à la fin du 16e siècle, une tradition à connotations particulières aux temps du coronavirus.

Agence France-Presse

Ce traditionnel défilé marque tous les ans la fin du Carnaval de Venise à l’occasion de Saint Barnabé et du Mardi gras qui précède le mercredi des Cendres, début du Carême dans la tradition chrétienne.

PHOTO ANDREA PATTARO, AFP

Longues redingotes noires et masques blancs à longs nez ou têtes de mort sur le visage, les Vénitiens ont déambulé sur la Place Saint-Marc. Toutes les autres activités du carnaval ont été annulées dimanche dernier.

À cause de l’épidémie de coronavirus, les autres festivités du Carnaval ont été interrompues dès minuit dimanche, avant son terme théoriquement prévu mardi.

Longues redingotes noires et masques blancs à longs nez ou têtes de mort sur le visage, les Vénitiens ont déambulé autour de la majestueuse Place Saint-Marc à partir de 18 h 30. Ils ont circulé en procession pour commémorer comme chaque année l’épidémie de peste de la fin du XVIe siècle et, sans doute cette fois, pour exorciser leurs inquiétudes.

Litanies, ironie, plaisanteries

Le masque du « médecin de la peste » est l’un des symboles du Carnaval, avec son long nez rempli jadis d’herbes aromatiques.

PHOTO ANDREA PATTARO, AFP

Le masque du « médecin de la peste » est l’un des symboles du Carnaval, avec son long nez rempli jadis d’herbes aromatiques.

Déguisés en moines, médecins, prisonniers, mendiants ou en pestiférés, portant pour certains des lanternes, ils se sont ensuite réunis près des arcades de la place symbolique de la Sérénissime, pour réciter des litanies en latin, ponctuées de traits d’ironie.

À la fin du défilé, les dizaines de participants se sont dispersés dans les ruelles au milieu des rires et plaisanteries.

L’Italie, pays le plus touché en Europe, compte plus de 370 cas de contamination et 12 morts.

PHOTO ANDREA PATTARO, AFP

À la fin du défilé, les participants se sont réunis près des arcades de la place symbolique de la Sérénissime, pour réciter des litanies en latin, ponctuées de traits d’ironie. Puis, ils se sont dispersés dans les ruelles au milieu des rires et plaisanteries.

Une terrible épidémie de peste qui frappa la ville entre juin 1575 et décembre 1576 fit plus de 50 000 victimes dont l’illustre peintre Tiziano Vecellio, dit Le Titien.

Pour essayer d’endiguer le mal, les malades et les cas suspects furent mis en quarantaine dans deux lazarets (hôpitaux pour lépreux) que possédait alors la République de Venise.

La fin de l’épidémie fut fêtée avec l’édification de la basilique du grand architecte Palladio sur l’île de la Giudecca.