(Berlin) Angela Merkel a congédié samedi un membre de son gouvernement et de son propre parti conservateur, suite au scandale national provoqué par une alliance inédite entre élus régionaux de droite modérée et d’extrême droite.

Agence France-Presse

Christian Hirte a été poussé vers la sortie après s’être ostensiblement félicité dans un message sur Twitter de l’élection très controversée cette semaine d’un nouveau dirigeant pour l’État régional de Thuringe grâce aux voix coalisées du parti démocrate-chrétien CDU de la chancelière allemande et de ceux du parti anti-migrants Alternative pour l’Allemagne (AfD).  

« La chancelière a proposé aujourd’hui au président fédéral le renvoi du secrétaire d’État Christian Hirte », a indiqué dans un communiqué laconique le porte-parole de Mme Merkel, Steffen Seibert.

M. Hirte était jusqu’ici secrétaire d’État au ministère de l’Économie et de l’Énergie et à ce titre également commissaire du gouvernement aux États régionaux de l’est de l’Allemagne, chargé de coordonner la politique fédérale pour soutenir ces territoires toujours en retard économiquement sur l’ouest du pays.

« La chancelière m’a informé lors d’un entretien, que je ne pouvais plus être commissaire du gouvernement. À sa demande j’ai donc demandé à être démis de mes fonctions », a indiqué pour sa part sur Twitter l’intéressé, qui était sous le feu des critiques depuis plusieurs jours.

En outre, il est un cadre du parti de Mme Merkel en Thuringe même, là d’où le scandale est arrivé. Il y est vice-président régional CDU.  

Le partenaire social-démocrate des conservateurs de Mme Merkel au gouvernement à Berlin avait réclamé sa tête, estimant qu’il n’était « plus tenable ».

Le vote de Thuringe a créé un séisme dans le pays car il a brisé un tabou politique dans l’histoire allemande d’après-guerre : le refus de la droite modérée de toute alliance avec l’extrême droite.  

Les élus de Thuringe se sont affranchis de cette consigne, un acte jugé « impardonnable » par Mme Merkel.