(Lodi) Un train à grande vitesse reliant Milan à Salerne a déraillé tôt jeudi matin près de Lodi, non loin de Milan, entraînant la mort des deux conducteurs et faisant une trentaine de blessés dont aucun en état grave, ont annoncé les pompiers et le préfet.

Miguel MEDINA avec Franck IOVENE à Rome
Agence France-Presse

L’accident s’est produit peu après 5 h 30 (23 h 30, heure de Montréal, mercredi), alors qu’il faisait encore nuit, en pleine campagne à hauteur de Lodi à environ 50 km au sud de Milan, capitale économique de l’Italie, et les deux personnes décédées sont deux machinistes du train à grande vitesse Frecciarossa,  a indiqué le préfet de Lodi, Marcello Cardona, venu sur place.

Le train transportait une trentaine de personnes dont les membres du personnel de bord.

Le bilan définitif de l’accident, communiqué dans la matinée par la région Lombardie, fait état de deux morts – les deux machinistes, âgés de 51 et 59 ans – et 31 blessés dont quatre plus sérieusement mais leurs jours ne sont pas en danger.

D’après les premières constatations, il semble que la motrice du train soit sortie des rails et soit allée heurter un chariot ou un boggie (chariot situé sous un véhicule ferroviaire) sur une voie parallèle avant d’aller percuter un bâtiment ferroviaire situé à plusieurs dizaines de mètres de là.

Le parquet de Lodi a ouvert une enquête sur la catastrophe pour homicides et blessures involontaires.

Tout en affirmant que son parquet examinait toutes les hypothèses « sauf l’attentat », le procureur de Lodi Domenico Chiaro a précisé dans l’après-midi à la presse que « le train a déraillé à hauteur d’un aiguillage qui devait être placé dans une certaine position et l’était pas ».

Les images télévisées montraient jeudi la motrice du train éventrée près du bâtiment, détachée du convoi, et la première de la dizaine de voitures composant le train couchée sur les rails, le reste du convoi étant intact.

« Un rugissement »

Des témoins, cités par la chaîne d’information en continu Rainews 24, ont dit avoir été « ballotés pendant 60 secondes comme sur les montagnes russes ».

« J’ai pensé mourir, je ne peux pas décrire ce qui s’est passé, je ne le réalise toujours pas, le train allait très vite. Soudainement, j’ai entendu un violent coup. Un rugissement très fort », a raconté un jeune rescapé de 21 ans, hospitalisé à Piacenza.

« Nous sommes très attristés pour les deux victimes, les deux cheminots, et nous exprimons notre solidarité envers leurs familles. On ne peut encore rien affirmer » sur les causes de l’accident, a déclaré à des journalistes le chef du gouvernement Giuseppe Conte.  

Le préfet de Lodi a expliqué que « les premières investigations ont commencé pour comprendre où se situe le point zéro » du déraillement, précisant que l’« on ne peut rien affirmer encore » sur les raisons de l’accident.

Interrogé sur un possible problème dû à une intervention de manutention dans la nuit, il a répondu que « l’entretien des lignes est fait continuellement et il est bien trop tôt pour associer l’accident à la manutention » de la ligne.

« Tout doit être évalué, ce ne sont pas des questions qui se dénouent en dix minutes ou une heure », a-t-il poursuivi, expliquant que le travail d’enquête serait « long et minutieux ».

La société publique de chemins de fer Ferrovie dello Stato (FS) a indiqué que l’accident a provoqué dans un premier temps l’interruption de la circulation sur le tronçon à grande vitesse Milan-Bologne, puis des retards allant jusqu’à une heure.

Peu après le déraillement du train Frecciarossa (flèche rouge, en italien), les systèmes de sécurité à grande vitesse se sont déclenchés, bloquant les autres convois en circulation et notamment un train qui avait quitté la capitale lombarde dix minutes plus tard et qui suivait le train accidenté, a précisé FS.

Un mouvement de grève de deux heures, de 11 h à 13 h GMT (6 h à 8 h, heure de Montréal) sera observé vendredi en Italie sur toutes les lignes ferroviaires, ont annoncé les principales confédérations syndicales du pays, qualifiant l’accident de « fait très grave et inacceptable ».

Il y a deux ans, le 25 janvier 2018, le déraillement d’un train de banlieue qui avait percuté un poteau électrique à Pioltello, près de Milan, avait fait trois morts et plusieurs dizaines de blessés parmi les 350 passagers.