(Paris) Les opposants à la réforme controversée des retraites en France sont à nouveau descendus dans la rue jeudi pour la neuvième journée nationale de mobilisation afin de réclamer son retrait, avec une poursuite des grèves, tandis que le texte a entamé cette semaine un parcours chahuté à l’Assemblée nationale.

avec les bureaux régionaux de l’AFP
Agence France-Presse

« La mobilisation est là. Ceux qui refusent de la voir doivent ouvrir les yeux », a affirmé le secrétaire général du syndicat CGT, Philippe Martinez, peu avant le départ du cortège parisien.

« On est loin d’être à la fin du mouvement », a-t-il assuré, dénonçant la « pseudo loi » en cours d’examen à la chambre basse du Parlement.

Pour exiger le « retrait d’un projet injuste et dangereux », 121 000 personnes ont battu le pavé dans toute la France, selon le ministère de l’Intérieur.

Elles étaient 15 000 à Paris, d’après la même source, 130 000 selon la CGT, et plusieurs autres milliers à Lyon (centre-est), Marseille (sud-est), Toulouse ou Bordeaux (sud-ouest), selon les préfectures ou la police.

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Les opposants à la réforme des retraites ont pris la rue Paris (ci-haut) et dans plusieurs grandes villes de France.

Le mouvement qui a débuté le 5 décembre avait rassemblé, au cours de la première journée de manifestation, un million et demi de personnes dans les rues en France, d’après la CGT, 806 000 selon le ministère de l’Intérieur.

Au plus fort de la mobilisation, les contestataires étaient jusqu’à 1,8 million à battre le pavé, selon les chiffres de la CGT, le 17 décembre. Deux semaines plus tard, le 31, ils étaient entre 452 000 et 1,7 million de personnes à manifester selon les sources.

Mais depuis la mi-janvier, la mobilisation a marqué le pas.

Le gouvernement veut aligner la France sur la plupart des autres pays en instaurant un système « universel » de retraite et, donc, supprimer les régimes spéciaux qui permettent notamment aux cheminots de partir plus tôt, mais également assurer l’équilibre financier à long terme du système en incitant les Français à travailler plus longtemps, point sur lequel se cristallise l’opposition.

A Nice (sud-est), une cinquantaine de pompiers en grève depuis juin se sont allongés sur les rails du tram, bloqué pour 24 heures comme la plupart des bus. « Même si on est peu, on restera », assure Benjamin Vuolo, 52 ans, un élu du syndicat autonome des pompiers et très remonté contre la réforme, qui reporte leur âge de départ de 57 à 59 ans.  

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Une manistation à Marseille.

Le travail parlementaire a commencé en commission cette semaine à l’Assemblée nationale, qui doit examiner plus de 20 000 amendements, dont 19 000 des députés du parti d’extrême gauche La France insoumise.

Dans la rue, des actions se sont poursuivies cette semaine, organisées notamment par des fonctionnaires (police scientifique, éboueurs, égoutiers, etc.).

A Paris, les transports étaient peu touchés par la grève jeudi mais l’un des syndicats, l’Unsa-RATP, a appelé à un « lundi noir » dans le métro et les trains de banlieue le 17 février, le jour de l’examen du projet de réforme des retraites à l’Assemblée.

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Les éboueurs français sont en grève.

Outre les opérations « ports morts » qui ont entraîné des retards pour les navires de Corsica Linea à Marseille, les poubelles continuent de déborder dans la cité phocéenne et dans la capitale, avec la poursuite de la grève des éboueurs, dont la réforme prévoir de supprimer la pénibilité du métier.