(Paris) Les cortèges étaient nettement moins fournis mercredi en France, pour la huitième journée nationale contre la réforme des retraites, toujours défendue avec détermination par le gouvernement.

avec les bureaux régionaux de l'AFP
Agence France-Presse

Des manifestations se sont tenues à Paris et en régions, réunissant moins de monde que les journées précédentes, notamment celle de vendredi où 249 000 personnes avaient manifesté selon le ministère de l’Intérieur (1,3 million selon le syndicat Confédération générale du travail).  

Dans la capitale, quelque 180 000 personnes ont battu le pavé dans le calme mercredi, a assuré la CGT, qui revendiquait 400 000 participants dans la capitale vendredi (31 000 selon les autorités).

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Des avocats en grève et des Lawyers et des militantes féministes exécutent une chorégraphie durant une manifestation à Paris mercredi.

« C’est important de ne pas lâcher, de montrer qu’on ne se résigne pas. Le gouvernement entend passer par la force, faire abstraction de l’immense contestation. Cette réforme est une catastrophe, un mix d’incompétence et de libéralisme sauvage », a déploré Jean-Claude, un enseignant croisé à Paris.

Cette nouvelle mobilisation intervient alors que les deux projets de loi ont démarré leur parcours à l’Assemblée après leur adoption vendredi en Conseil des ministres. Les discussions dans l’hémicycle doivent démarrer le 17 février.

Un avertissement au gouvernement

Les opposants au projet de loi ont été ragaillardis par la publication d’un avis particulièrement critique du Conseil d’État, le juge administratif suprême, qui a regretté ne pas avoir eu le temps de « garantir au mieux la sécurité juridique » du projet de réforme. Le Conseil a critiqué le recours à 29 ordonnances qui font « perdre la visibilité d’ensemble », et pointé des projections financières « lacunaires ».

Le premier ministre Édouard Philippe a assuré au Sénat n’avoir « pas peur du débat parlementaire à l’Assemblée nationale et au Sénat ».

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La police a prodédé à des arrestations durant une manifestation à Paris mercredi.

Les députés des diverses tendances de gauche (socialistes, communistes, gauche radicale) ont annoncé de leur côté être prêts à déposer une motion de censure commune contre le gouvernement.

Essoufflement du mouvement de contestation

Mais les grèves s’essoufflent, voire s’arrêtent, y compris dans les transports, fers de lance du mouvement. Le trafic des métros et trains à Paris était « quasi normal » mercredi.

Le gouvernement veut aligner la France sur la plupart des autres pays en instaurant un système « universel » de retraite et, donc, supprimer les régimes spéciaux qui permettent notamment aux cheminots de partir plus tôt, mais également assurer l’équilibre financier à long terme du système en incitant les Français à travailler plus longtemps, point sur lequel se cristallise l’opposition.