(Londres) Le Royaume-Uni et l’Union européenne bouclent les dernières formalités avant leur séparation : Bruxelles et Londres ont signé vendredi l’accord de divorce qui n’a plus qu’à être ratifié par le Parlement européen pour finaliser la rupture d’une union tumultueuse.

Sylvain PEUCHMAURD avec Christian SPILLMANN à Bruxelles
Agence France-Presse

À une semaine de la séparation historique, le document négocié à l’automne, qui attendait jusqu’à présent la validation du Parlement britannique, a effectué un dernier aller-retour à travers la Manche pour être paraphé.

« Nous avons avec Charles Michel (NDLR : le président du Conseil européen) signé l’accord pour la sortie du Royaume-Uni, ouvrant la voie à sa ratification par le Parlement européen », a annoncé vendredi matin la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans un message sur son compte Twitter.

Le négociateur de l’UE, le Français Michel Barnier, a assisté à cette signature organisée à huis clos, tôt au siège du Conseil européen à Bruxelles, au retour de Jérusalem des deux dirigeants, car Charles Michel repartait quelques heures plus tard pour Tirana.

L’accord a ensuite été envoyé à Londres, où il a été paraphé par le premier ministre britannique Boris Johnson, qui a salué sur Twitter « un nouveau chapitre dans l’histoire » du Royaume-Uni.

Une fois revenu à Bruxelles, l’original sera conservé dans les archives de l’UE avec les autres traités internationaux. Londres aura des copies.

Définitivement validé mercredi par le Parlement britannique et promulgué jeudi par la reine Élisabeth II, l’accord sera soumis au Parlement européen le mercredi 29 janvier pour ratification. Les diplomates des États membres de l’UE l’approuveront le lendemain par écrit et il s’agira de la dernière étape de la procédure.

Le Royaume-Uni pourra alors sortir de l’Union européenne le 31 janvier après 47 ans de mariage qui se sera achevé par plus de trois ans de négociations difficiles et de débats acrimonieux côté britannique sur les modalités du divorce.

« Les choses vont inévitablement changer, mais notre amitié restera. Nous entamons un nouveau chapitre en tant que partenaires et alliés », a assuré le président du Conseil dans un tweet.

Signe des changements à venir, l’UE a annoncé la nomination de son futur ambassadeur auprès du Royaume-Uni, devenu un pays tiers. Il prendra ses fonctions à partir du 1er février.

« Portes ouvertes »

À cette date s’ouvre une période de transition jusqu’à la fin de l’année 2020, un laps de temps au cours duquel les deux parties espèrent négocier leur future relation. Le Royaume-Uni continuera d’appliquer les règles de l’UE au cours de cette période, sans toutefois prendre part aux décisions communautaires.  

Le Royaume-Uni et l’Union européenne doivent entamer fin février les négociations sur leur nouvelle relation, dont un accord de libre-échange. Michel Barnier, qui a piloté l’accord de Brexit, sera chargé de mener les discussions pour le continent.

Guy Verhofstadt, le rapporteur du dossier devant la commission parlementaire, a rendu hommage aux élus britanniques, qui vont quitter le Parlement européen. « Nos portes leur seront toujours ouvertes ».

À la suite de leur départ, le groupe Liberal Renew Europe perd 17 membres, les Verts 11, les Socialistes 10. Seuls les conservateurs du Parti populaire européen ne seront pas affectés, car les élus des Tories avaient fait scission en 2009 pour former un groupe avec des élus polonais et tchèques eurosceptiques.

Les seuls à se réjouir ouvertement du Brexit sont les 27 membres du parti du Brexit de Nigel Farage. Mais ils n’avaient trouvé aucun groupe pour les accueillir après les européennes et leur départ a pour seul effet de réduire le nombre des non-inscrits.

Le travailliste britannique Richard Corbett, un des trois élus européens ayant voté contre la recommandation en faveur du vote de l’accord par le Parlement européen, a dénoncé un « Brexit qui n’est plus depuis longtemps la volonté du peuple britannique ». Il a assuré qu’il voterait à nouveau contre pendant le vote le 29 janvier.