(Paris) Le père du premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré jeudi vouloir prendre la nationalité française et garder ainsi « un lien » avec l’Union européenne (UE), alors que son pays s’apprête à en larguer les amarres.  

Agence France-Presse

« Si j’ai bien compris, je suis français. Ma mère était née en France, sa mère était entièrement française, également son grand-père », a expliqué Stanley Johnson, âgé de 80 ans, sur la radio RTL.  

« Pour moi, c’est une question de réclamer ce que j’ai déjà et de ce fait, je suis très content », a-t-il ajouté, en français, écartant ainsi toute saute d’humeur en réaction au Brexit que son fils a mené à son terme en tant que premier ministre.

Stanley Johnson a été l’un des premiers fonctionnaires britanniques à Bruxelles, membre du Parlement européen et de la Commission. D’abord anti-Brexit en 2016, il a tourné casaque l’année suivante.

« Je serai toujours Européen, ça c’est sûr. On ne peut pas dire aux Anglais “vous n’êtes pas Européens”. L’Europe c’est toujours plus que le Marché commun, c’est plus que l’Union européenne », a-t-il martelé.

« Ceci dit, oui, avoir un lien comme cela avec l’Union européenne c’est important », a-t-il également concédé en référence au passeport européen.

Sa fille Rachel Johnnon avait déjà laissé entendre en mars qu’il entamerait cette démarche après la sortie du Royaume-Uni de l’UE. « C’est une bonne nouvelle, je pourrais devenir française aussi », avait-elle alors déclaré, dans un livre.

Après un demi-siècle d’intégration européenne et quatre ans et demi d’une saga du Brexit aux multiples rebondissements, le Royaume-Uni vit jeudi ses dernières heures au rythme des règles européennes.

A 23 h locales et GMT (minuit à Bruxelles), marquées par les gongs de Big Ben, le Brexit deviendra réalité pour le pays, sorti officiellement de l’UE le 31 janvier mais ayant bénéficié d’une période de transition pour amortir le choc.

Les naturalisations de citoyens britanniques ont explosé en France après le référendum de 2016 sur le Brexit, passant de 439 cette année-là à 1605 en 2017, 3124 en 2018 et 3827 en 2019, selon les statistiques du ministère français de l’Intérieur. Sur les six premiers mois de 2020, 1580 demandes ont été enregistrées.