(Berlin) Le gouvernement allemand « suit avec inquiétude » la procédure d’extradition aux États-Unis de Julian Assange, dont « l’état de santé physique et mental » doit être « pris en compte ».

Agence France-Presse

« Je suis avec inquiétude la procédure d’extradition menée au Royaume-Uni contre le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange », écrit mercredi dans un communiqué la commissaire fédérale aux droits de l’homme et à l’aide humanitaire, Bärbel Kofler.

La justice britannique rendra le 4 janvier sa décision sur la demande d’extradition de Julian Assange, réclamé par les États-Unis qui veulent le juger pour la diffusion de centaines de milliers de documents confidentiels.

« Les droits de l’homme et les aspects humanitaires d’une éventuelle extradition ne doivent pas être négligés », souligne la commissaire gouvernementale allemande.

« Il est impératif que l’état de santé physique et mental de Julian Assange soit pris en compte au moment de décider de son extradition vers les États-Unis », ajoute-t-elle, rappelant que le Royaume-Uni est « lié par la Convention européenne des droits de l’Homme ».

La justice américaine veut juger l’Australien de 49 ans notamment pour espionnage. Il risque 175 ans de prison pour avoir diffusé, à partir de 2010, plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.

Les États-Unis reprochent au fondateur de WikiLeaks d’avoir mis en danger des sources des services américains, ce qu’il conteste. Parmi les documents publiés figurait une vidéo montrant des civils tués par les tirs d’un hélicoptère de combat américain en Irak en juillet 2007, dont deux journalistes de l’agence Reuters.

Julian Assange a été arrêté en avril 2019 après sept ans derrière les murs de la représentation diplomatique équatorienne, où il s’était réfugié après avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution, craignant une extradition vers les États-Unis.