(Londres) Les liaisons ferroviaires et maritimes entre le Royaume-Uni et la France continueront d’être assurées pendant Noël, a indiqué jeudi le ministre britannique des Transports, pour résorber les milliers de camions toujours bloqués autour de Douvres en raison d’une nouvelle souche de coronavirus.

Agence France-Presse

Les transports publics sont interrompus traditionnellement au Royaume-Uni le jour de Noël et ne reprennent que très partiellement le lendemain.

« Alors que le dépistage continue dans le Kent » (sud-est), « j’ai parlé à un homologue français (Jean-Baptiste Djebbari) et nous avons convenu que la frontière entre le Royaume-Uni et la France à Eurotunnel, Douvres et Calais resterait ouverte tout au long de Noël pour permettre aux routiers et citoyens de retourner chez eux dès que possible », a précisé Grant Shapps sur Twitter.  

Des milliers de routiers européens à cran ont passé une quatrième nuit dans la cabine de leur camion, dans des conditions sommaires, coincés autour de Douvres, premier port transmanche, dans l’attente de passer un test Covid afin de pouvoir traverser la Manche.  

« C’est toujours autant le bazar. Sur le terrain, les chauffeurs sont toujours aussi désespérés », a résumé une porte-parole de la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) française.

« Les conducteurs avec qui je parle – et notamment ceux qui sont sur le fameux aéroport de Manston où ils sont des milliers à être parqués –, ça fait quatre jours qu’ils n’ont pas pris de douche, ils ont à peine à boire et à manger. Ils sont dans une situation humaine, et même sanitaire, dangereuse. On commence vraiment à s’inquiéter », a-t-elle indiqué.

« Sur le terrain, des conducteurs disent “on fait passer les touristes avant nous”, la grogne monte. À un moment, ils vont finir par se révolter », a affirmé la porte-parole.

Selon le ministère britannique des Transports, quelque 6000 poids lourds attendaient mercredi en début de soirée de passer la frontière, dont 3750 véhicules stationnés à l’ancien aéroport de Manston, où les routiers peuvent se soumettre à un test, les autres étant bloqués sur les routes du Kent.  

L’opération de dépistage massif a commencé mercredi en fin de journée, avec le soutien de l’armée, en vertu d’un accord conclu entre Londres et Paris pour reprendre le trafic vers la France, qui avait été suspendu après l’identification d’une variante potentiellement plus contagieuse du virus au Royaume-Uni.  

Selon l’ambassadrice de France au Royaume-Uni, Catherine Colonna, une équipe de 26 pompiers français est arrivée tôt jeudi à Douvres avec 10 000 tests pour aider les Britanniques et « accélérer le passage des routiers vers le continent ».  

Il s’agit aussi de permettre à la chaîne d’approvisionnement britannique, très dépendante des rotations de camions, de revenir à plein régime avant que ne pointent des pénuries, et de permettre aux citoyens européens de rejoindre le continent.  

La commissaire européenne responsable du transport, Adina Valean, a estimé qu’en tout, 10 000 camionneurs européens avaient des difficultés pour revenir du Royaume-Uni, critiquant la France pour leur avoir imposé des restrictions, des reproches rejetés par Paris.

Selon elle, la capacité de dépistage s’élève à 300 tests par heure.

Plus d’une cinquantaine de pays dans le monde ont imposé des limitations aux voyageurs en provenance du Royaume-Uni après l’annonce de l’apparition dans le pays d’une variante de la COVID-19.