(Paris) La pression sur le système de santé français devrait s’alléger à la mi-2021, si le tiers le plus vulnérable de la population a été vacciné à ce moment, dit l’épidémiologiste Arnaud Fontanet dans une entrevue au Journal du dimanche.

Agence France-Presse

« Les trois premiers mois de 2021 vont être pénibles car l’hiver battra son plein sans qu’on puisse ressentir, au niveau collectif, les bénéfices attendus de la vaccination », qui commence à la fin décembre, à dit Mr. Fontanet, de l’Institut Pasteur.

L’épidémiologiste, membre du Conseil scientifique qui conseille le gouvernement, a estimé que « quand les personnes vulnérables, un tiers de la population, auront été vaccinées en nombre, sans doute à la fin du premier semestre, la pression devrait s’alléger ».

Il s’est inquiété dans l’immédiat du maintien sur « un plateau élevé » du nombre d’admissions quotidien de malades de la COVID-19 dans les hôpitaux.  

« Il stagne à 1500  admissions par jour depuis trois semaines. À la veille des fêtes, ce plateau élevé ne dit rien de bon », selon lui.  

L’agence Santé publique France a fait état de 1004 admissions sur 24 heures samedi. Le plus haut cette semaine était mercredi avec 1664 admissions.

Le Pr. Fontanet a exclu toute remise en cause des mesures de lutte contre la pandémie avant la mi-janvier, à cause « du délai entre une contamination et une éventuelle hospitalisation ».

« Le bilan de cette période à haut risque ne pourra pas être tiré avant la mi-janvier », a-t-il dit.

Il est revenu par ailleurs sur l’étude baptisée ComCor, menée fin octobre/début novembre, et dont il est l’auteur principal, sur le rôle des restaurants et des bars dans les contaminations.  

« Le résultat le plus important, c’est que près de la moitié des personnes infectées [44 % ] connaissent celui ou celle qui leur a transmis le virus », a dit le Pr. Fontanet.

Cette étude « confirme aussi que les rassemblements familiaux et amicaux jouent un rôle majeur dans la transmission, et surtout les repas ».