(Londres) Le gouvernement britannique s’est attiré des critiques mercredi après la contribution de l’UNICEF à une campagne pour nourrir des enfants de familles fragilisées par la pandémie au Royaume-Uni, une première dans l’histoire de l’agence onusienne.

Agence France-Presse

Le Parti travailliste, principale formation d’opposition, a jugé « honteux » que quelque 1800 familles en difficulté soient en partie nourries durant les vacances de Noël grâce à une aide financière du Fonds des Nations unies pour l’enfance.

« Nous sommes l’un des pays les plus riches du monde », a déclaré la numéro deux des travaillistes, Angela Rayner.  

On n’aurait jamais dû en arriver là. « Nos enfants ne devraient pas dépendre d’associations humanitaires qui ont l’habitude d’opérer dans des zones de guerre et après des désastres naturels ».

Angela Rayner, du parti Travailliste

Le gouvernement du premier ministre conservateur avait déjà essuyé une volée de critiques pour avoir refusé de fournir des repas gratuits aux enfants les plus pauvres durant les vacances scolaires en pleine pandémie, avant de plier sous la pression d’une campagne menée par la vedette du football Marcus Rashford.  

L’aide financière de l’UNICEF, d’un montant de 25 000 livres sterling (43 000 dollars canadiens), a été octroyée à plusieurs associations venant en aide à des familles du quartier de Southwark, dans le sud de Londres.  

18 000 petits-déjeuners

Celles-ci recevront au total 18 000 petits déjeuners, qui seront distribués par l’intermédiaire des écoles pendant les deux semaines de vacances de fin d’année. 6750 petits-déjeuners seront également fournis pendant les vacances de février.  

Selon l’UNICEF, créé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la pandémie de nouveau coronavirus est la crise la plus urgente affectant les enfants depuis ce conflit mondial.  

« Il s’agit de la première intervention d’urgence de l’UNICEF au Royaume-Uni, menée pour lutter contre l’impact sans précédent de la crise du nouveau coronavirus et atteindre les familles qui en ont le plus besoin », a expliqué Anna Kettley, sa directrice des programmes pour le pays.  

« En fin de compte, une solution de plus long terme est nécessaire pour s’attaquer aux racines de la pauvreté alimentaire, pour qu’aucun enfant n’ait faim », a-t-elle ajouté.  

Le porte-parole de Boris Johnson a défendu l’action du gouvernement, soulignant avoir pris des « mesures considérables […] pour assurer que les enfants n’aient pas faim durant la pandémie ».