(Zagreb) Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a jugé mercredi « comique » l’enquête de plusieurs médias, dont la chaîne américaine CNN, accusant les services spéciaux russes (FSB) d’avoir pris en filature l’opposant Alexeï Navalny avant son empoisonnement.

Agence France-Presse

« Toutes ces nouvelles sont comiques à lire », a réagi M. Lavrov, lors d’une conférence de presse à Zagreb pendant une visite officielle en Croatie.

« Mais la façon dont ces nouvelles sont présentées ne révèle qu’une chose : l’absence d’éthique chez nos partenaires occidentaux et de compétences diplomatiques normales », a-t-il poursuivi, semblant voir la main d’acteurs étatiques dans l’enquête publiée cette semaine.

Dans cette longue publication, ces médias, dont le site Bellingcat et le magazine allemand Der Spiegel, affirment que des experts en armes chimiques des services spéciaux russes ont suivi Alexeï Navalny des années durant, notamment le jour de son empoisonnement présumé cet été en Sibérie. Bellingcat a publié les noms et portraits de ces hommes et de leurs responsables hiérarchiques.

« Je sais qui a voulu me tuer, je sais où ils habitent, je sais où ils travaillent », a réagi M. Navalny.

PHOTO SHAMIL ZHUMATOV, REUTERS

« Je sais qui a voulu me tuer, je sais où ils habitent, je sais où ils travaillent », a réagi Alexeï Navalny, qu’on voit ici à une manifestation à Moscou le 29 février 2020.

L’article n’établit toutefois aucun contact direct entre ces agents et l’opposant, ni de preuve d’un passage à l’acte ou d’un ordre donné.

La Russie a, à maintes reprises, démenti que l’opposant ait été empoisonné à Tomsk le 20 août, et affirmé que la substance toxique de type Novitchok détectée par des laboratoires occidentaux après son hospitalisation en Allemagne n’était pas présente dans son organisme lorsqu’il était soigné en Russie.

M. Lavrov a par ailleurs dénoncé ce qu’il a jugé être l’habitude des Occidentaux d’accuser la Russie via leurs médias au lieu d’utiliser les canaux officiels, comme c’était le cas selon lui lors de la récente annonce dans la presse américaine que le gouvernement américain avait été victime de cyberattaques de hackeurs liés à l’État russe.

« Nous sommes déjà habitués à ce que les États-Unis, comme les autres pays occidentaux d’ailleurs, annoncent tout simplement dans les médias de nouvelles accusations visant la Russie », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse à Zagreb.