(Londres) Une nouvelle variante du nouveau coronavirus a été détectée au Royaume-Uni, potentiellement impliquée dans la transmission galopante observée dans certaines parties de l’Angleterre qui a entraîné le passage de Londres et de certaines régions du sud-est au plus haut niveau de restrictions à partir de mercredi.

Sylvain PEUCHMAURD
Agence France-Presse

Annonçant lundi aux députés ce durcissement, le ministre de la Santé Matt Hancock a expliqué qu’une nouvelle « variante » du virus avait été identifiée au Royaume-Uni et signalée à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). De précédentes mutations du SRAS CoV2 ont déjà été observées et signalées dans le monde.

Cette souche, identifiée chez plus de 1000 personnes principalement dans le sud de l’Angleterre, pourrait être impliquée dans la propagation « exponentielle » du virus dans le sud-est de l’Angleterre, sans que l’on sache « dans quelle mesure », selon Matt Hancock.

On ignore encore si ce virus est plus fréquent, car il se trouve dans une zone où de toute manière l’épidémie gagne du terrain ou si c’est le virus « lui-même » qui arrive à se transmettre plus facilement, a expliqué lors d’une conférence de presse le médecin-chef Chris Whitty.

Les autorités sanitaires se veulent toutefois rassurantes, précisant que rien n’indique jusqu’ici qu’elle entraîne une forme plus grave de la maladie ni qu’elle ne réponde pas à un vaccin.  

Les mutations d’un virus sont courantes. Certaines les rendent plus résistants aux traitements ou aux vaccins, qui peuvent être adaptés, mais d’autres n’ont « absolument aucun effet », a commenté dans un communiqué Jonathan Ball, professeur de virologie moléculaire à l’université de Nottingham.

Selon le Pr Alan McNally, de l’université de Birmingham, « il est trop tôt pour s’inquiéter ou non de cette nouvelle variante », en cours d’étude.

Quoi qu’il en soit, à partir de mercredi à minuit et une, les hôtels, pubs et restaurants seront fermés à Londres et dans certaines régions du sud-est, sauf pour la livraison et la vente à emporter, ainsi que les lieux culturels comme les cinémas, théâtres et musées.

Le passage à ces restrictions est « essentiel », car « des mesures précoces peuvent empêcher davantage de dégâts », a plaidé Matt Hancock devant les députés.

« Désastre » pour les théâtres

Les salariés qui le peuvent doivent travailler à domicile et la population doit éviter les trajets non essentiels. Les interactions sociales sont limitées, avec l’interdiction de se mélanger avec des personnes faisant partie d’un autre foyer excepté dans certains endroits ouverts comme les parcs.

Établissements scolaires, magasins, salons de beauté et de coiffure peuvent rester ouverts, ainsi que les salles de sports, mais sans cours collectifs.

Jugeant une telle décision « très décevante » pour les entreprises, le maire travailliste de Londres Sadiq Khan a appelé les Londoniens à suivre les règles. « La pire chose » serait « un nouveau confinement » au Nouvel An, a-t-il dit.

La nouvelle frappe durement les très nombreux théâtres du West End de Londres. Un « désastre », a réagi le directeur de Theatres Trust, qui représente le secteur. « Les théâtres ont travaillé dur pour créer des environnements sûrs pour le public » et risquent des « pertes financières énormes », a-t-il ajouté.

Face à la propagation du virus dans les établissements scolaires du secondaire, le gouvernement a mis en place dès la semaine dernière une campagne de dépistage massif chez les jeunes de 11 à 18 ans dans sept des 32 arrondissements de Londres et dans certaines parties de l’Essex et du Kent.

Deux des quartiers de la capitale britannique, Greenwich et Islington, ont opté pour la fermeture de toutes les écoles.

Mais à Londres, la maladie progresse désormais dans toutes les tranches d’âges et se traduit déjà par une hausse des hospitalisations.

L’un des pays les plus endeuillés en Europe avec plus de 64 000 morts, le Royaume-Uni, qui a connu deux confinements depuis le début de la pandémie, est le premier pays occidental à avoir commencé une campagne de vaccination, après avoir été le premier dans le monde à approuver le vaccin Pfizer-BioNTech.

Ces nouvelles restrictions sont imposées à l’approche de la période de Noël, attendue avec grande crainte par les autorités qui ont cependant décidé de desserrer la vis quelques jours à la fin du mois pour permettre aux familles de se retrouver.