(Londres) Les réunions de famille seront autorisées à Noël au Royaume-Uni, une trêve très attendue par les Britanniques, lassés des restrictions imposées depuis des mois pour lutter contre la pandémie de nouveau coronavirus.

Pauline FROISSART
Agence France-Presse

Trois foyers pourront se rassembler pendant cinq jours maximum, du 23 au 27 décembre, et les familles pourront se déplacer au sein du pays, ont indiqué dans un communiqué commun les dirigeants des quatre nations constitutives du pays (Écosse, Pays de Galles, Irlande du Nord et Angleterre) qui ont adopté pour l’occasion une approche commune.

« Alors que 2020 touche à sa fin, nous reconnaissons que cette année a été incroyablement difficile pour nous tous », indique cette déclaration commune. Tout en indiquant que ce ne sera pas un Noël « normal », les quatre dirigeants ont dit s’être accordés pour « trouver un moyen pour que la famille et les amis se voient, même si c’est pour une courte période », et souligné l’importance d’une trêve « limitée et prudente ».

Près de 56 000 personnes testées positives au nouveau coronavirus sont décédées au Royaume-Uni, le bilan le plus élevé en Europe, dont plus de 600 annoncées mardi, un record depuis le mois de mai.

Plus de 1,5 million de cas ont été recensés dans le pays.

Le gouvernement espère un retour à la normale d’ici Pâques grâce aux vaccins, parmi lesquels le projet britannique AstraZeneca/Oxford.

« Après Pâques, nous pensons que nous reviendrons à la normale », a déclaré mardi devant un comité parlementaire le ministre de la Santé, Matt Hancock, même si les mesures de vigilance comme le lavage régulier des mains ou la distanciation sociale resteront selon lui « monnaie courante ».  

Hésitations

Au Royaume-Uni, chaque province britannique décide de sa propre stratégie en matière de lutte contre le virus.

Les dirigeants des quatre nations sont toutefois parvenus à une approche commune pour les fêtes de fin d’année.

« Bien que j’aie hésité, en raison de l’état du virus au Pays de Galles et dans tout le Royaume-Uni, il est préférable que nous ayons un ensemble commun d’arrangements qui donnent aux gens un cadre dans lequel ils peuvent agir de manière responsable », a déclaré le premier ministre gallois, Mark Drakeford, à l’agence PA.

« Cela donnera aux familles une certaine marge de manœuvre - nous avons tous le désir de ne pas laisser nos proches seuls à Noël - mais le virus ne prendra pas de vacances, alors soyez prudents », a déclaré sur Twitter la cheffe du gouvernement écossais, Nicola Sturgeon.

Plutôt que des réunions à l’intérieur, considérées plus favorables à la transmission du virus, les Britanniques sont encouragés à envisager des appels vidéo ou des rencontres à l’extérieur pour limiter les risques.

Le professeur Paul Hunter, professeur de médecine à la Norwich School of Medicine de l’Université d’East Anglia, a souligné que « tout assouplissement des restrictions pendant la période de Noël entraînera presque inévitablement une augmentation de la transmission du virus et donc, des maladies, des hospitalisations et malheureusement des décès. »

Évoquant l’équilibre à trouver entre ce risque et les avantages de ces réunions entre familles et amis, en particulier en termes de santé mentale, il a estimé « qu’un certain assouplissement des règles aura des bénéfices suffisants pour justifier des risques supplémentaires pour l’épidémie de COVID-19 ».

« Qu’on le célèbre ou pas en tant que fête religieuse, Noël est peut-être ce dont on a besoin pour tenir le coup le reste de l’hiver », a-t-il avancé.

Le premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé lundi le retour début décembre, après quatre semaines de reconfinement en Angleterre, à une stratégie locale musclée contre le nouveau coronavirus, accompagnée d’un programme de dépistage massif.

Partout en Angleterre, les magasins non essentiels vont rouvrir, et les habitants pourront désormais se réunir à six maximum.