(Rome) Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte doit dévoiler lundi soir les détails d’un couvre-feu nocturne national et de restrictions de voyage vers des régions désormais classées en fonction de leur risque sanitaire, car il juge que « la situation est grave » en Italie.

Agence France-Presse

« Restons unis dans ce moment dramatique », a appelé lundi à la mi-journée Giuseppe Conte, en s’exprimant devant la Chambre des députés, consultée lundi tout comme les régions italiennes avant la finalisation d’un nouveau décret de mesures pour lutter contre la propagation du virus.

« La priorité est la défense de la santé », a-t-il commenté tout en se déclarant parfaitement conscient de « la colère des citoyens », en référence à des manifestations violentes ces derniers jours dans certaines villes du pays.

L’heure n’est pas en Italie à un second confinement général, mais le gouvernement souhaite imposer désormais au niveau national des « limites à la circulation des personnes dans la partie la plus tardive de la soirée », a précisé M. Conte.  

Et l’Italie va distinguer « trois zones de risque » dotées de mesures restrictives graduées.  Le placement d’une région dans l’une de ces trois catégories sera décidé par le ministère de la Santé, en tenant compte de l’indice de transmission du virus, de la présence de foyers de contagion et du taux d’occupation des lits d’hôpitaux.  

Les déplacements vers les régions à risque seront limités sauf pour des raison de santé, de travail ou d’études.  

L’Italie envisage aussi d’introduire plusieurs autres mesures au niveau national : davantage d’enseignement à distance, une capacité maximale réduite à 50 % dans les transports publics, la fermeture des centres commerciaux le weekend, la fermeture des musées et expositions, ainsi que l’interdiction des jeux vidéo dans les bars et bureaux de tabac.  

Depuis une semaine, l’Italie a déjà fermé cinémas, théâtres, salles de sport et piscines. Les restaurants et les bars ne peuvent plus recevoir de clients après 18 h.

« Hier 1939 personnes étaient en soins intensifs », soit « un peu plus de la moitié des lits activés » en Italie, a pointé le chef du gouvernement devant les députés. « La situation est grave sur tout le territoire national », mais plus particulièrement dans certaines régions, a-t-il ajouté.  

L’Italie a enregistré dimanche près de 30 000 nouveaux cas de coronavirus en 24 heures, alors que 180 000 tests de dépistage ont été effectués par les Italiens.