(Londres) Le premier ministre britannique Boris Johnson s’est défendu lundi d’avoir tardé à imposer un nouveau confinement en Angleterre qui, selon l’opposition travailliste, aurait été moins douloureux s’il avait été mis en œuvre plus tôt.  

Agence France-Presse

Après avoir résisté pendant des semaines à un confinement général, lui préférant des restrictions locales, Boris Johnson s’est résolu samedi à annoncer un nouveau confinement face à la virulence d’une deuxième vague risquant d’être deux fois plus meurtrière que la première, emboîtant le pas à d’autres pays européens comme la France, l’Irlande ou la Belgique.  

« Je pense qu’il était juste d’essayer toutes les options possibles pour tenter de contrôler ce virus à un niveau local, avec de fortes actions locales », a déclaré le dirigeant conservateur dans une déclaration à la Chambre des Communes.  

« Je rejette toute suggestion que nous sommes d’une manière ou d’une autre plus lents que nos partenaires européens à prendre des mesures », a-t-il ajouté.  

Pays le plus endeuillé par la pandémie en Europe avec près de 47 000 décès de personnes testées positives à la COVID-19, et désormais plus d’un million de cas recensés, le Royaume-Uni est confronté à une résurgence qui risque de submerger ses hôpitaux, même dans les régions jusqu’ici épargnées.

Le pouvoir a déjà été accusé d’avoir tardé à agir en mars, alourdissant le bilan humain de la pandémie.

Les députés britanniques, dont des conservateurs très réticents, voteront mercredi sur ce deuxième confinement qui doit entrer en vigueur jeudi pour quatre semaines.

Plaidant depuis plusieurs semaines pour un court confinement capable de freiner la propagation du virus, à l’instar des scientifiques conseillant l’exécutif, le chef de l’opposition travailliste, Keir Starmer, a indiqué qu’il apporterait son soutien au gouvernement, tout en se montrant très critique.  

« La leçon centrale de la première vague de ce virus était que si on n’agit pas tôt et de manière décisive, le coût sera bien élevé » pour la population et l’économie, a souligné M. Starmer. « En conséquence, ce confinement sera plus long qu’il n’aurait été nécessaire [...], il sera plus difficile [...] et le coût humain sera plus élevé ».  

Jusqu’au 2 décembre, les cafés, pubs et restaurants resteront portes closes sauf s’ils proposent de la vente à emporter ou des livraisons. Les habitants de l’Angleterre sont appelés à travailler de chez eux et ne doivent quitter leur domicile que pour des raisons précises comme faire de l’exercice, se rendre à un rendez-vous médical ou faire des courses alimentaires essentielles.  

Les écoles et universités resteront toutefois ouvertes.  

Le professeur Andrew Hayward, l’un des scientifiques conseillant le gouvernement, a estimé lundi sur la BBC qu’un confinement de deux ou trois semaines en septembre aurait permis de « sauver des milliers de vies ».