(Athènes) La Grèce a protesté dimanche contre le « comportement illégal » de la Turquie après la nouvelle prolongation de la mission d’un navire turc d’exploration gazière dans une zone qu’elle se dispute avec Ankara en Méditerranée orientale.

Agence France-Presse

La marine turque a averti dans un message sur le système maritime d’alerte NAVTEX que son navire de recherche sismique Oruç Reis poursuivrait sa mission jusqu’au 14 novembre.

Dans la foulée, la Grèce a de nouveau « condamné le comportement illégal de la Turquie » et l’a appelée à « retirer immédiatement » le bateau de cette zone revendiquée par Athènes, a indiqué un tweet du ministère grec des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie grecque Nikos Dendias « va procéder à une démarche auprès de la Turquie » et prévenir « les alliés et partenaires » de la Grèce, a souligné un communiqué ministériel.

Ce nouveau bras de fer intervient alors que les deux pays voisins, touts deux endeuillés par un fort séisme survenu vendredi, ont affiché leur solidarité ces derniers jours.

Le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis avait appelé vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan pour lui exprimer « ses condoléances » pour les victimes du séisme qui a frappé surtout la ville turque d’Izmir et fait plus de 50 morts.

« Dans ces moments, nos peuples ont besoin de faire front commun indépendamment de nos différences », a écrit Kyriakos Mitsotakis dans un tweet.  

Mais le redéploiement de l’Oruç Reis dimanche, devenu le symbole des appétits gaziers d’Ankara ces derniers mois dans des zones disputées par les deux pays, a de nouveau tendu le climat entre les deux pays, membres de l’OTAN.

« Cette action (turque) fait monter la tension dans une région vulnérable où l’attention actuellement s’est focalisée sur l’aide et l’expression de soutien et de solidarité », a déploré le ministère grec des Affaires étrangères.  

La Grèce accuse la Turquie de violer le droit maritime international en prospectant dans « son plateau continental », notamment autour de l’île de Kastellorizo, et réclame des sanctions européennes contre Ankara.

La Turquie soutient de son côté qu’elle a le droit de mener des recherches énergétiques dans cette zone de la Méditerranée orientale, arguant que l’île grecque de Kastellorizo, située près des côtes turques, ne suffit pas à imposer la souveraineté d’Athènes.

Dans un geste d’apaisement, Ankara avait retiré l’Oruç Reis en septembre, avant de le déployer à nouveau le 12 octobre, prolongeant plusieurs fois sa mission depuis.

Malgré leurs différends, les deux voisins avaient réussi en 1999, lors de deux séismes qui avaient successivement frappé les deux pays, à se soutenir mutuellement et à améliorer alors leurs relations surtout dans les secteurs économique et culturel.

Ce rapprochement a été imputé à l’époque à la « diplomatie des séismes » sur laquelle mise de nouveau Athènes pour apaiser les relations avec son voisin.