(Madrid) Le haut tribunal espagnol de l’Audience nationale a condamné à 122 de prison une ex-dirigeante de l’organisation séparatiste basque ETA, Maria Soledad Iparraguirre Guenechea, alias « Anboto », pour l’assassinat d’un militaire espagnol en 1995.

Agence France-Presse

Dirigeante historique de l’ETA extradée par la France, « Anboto » a été reconnue coupable d’avoir « donné l’ordre d’assassiner le commandant de l’armée de Terre Luciano Cortizo et fourni les explosifs », selon le jugement du tribunal chargé notamment des affaires de terrorisme, rendu public vendredi.

Luciano Cortizo est mort dans un attentat à la voiture piégée dans la ville de Léon le 22 décembre 1995.

Cette condamnation comprend notamment une peine de 30 de prison pour « assassinat terroriste contre un membre des forces armées » et quatre peines de 20 ans pour « tentative d’assassinat terroriste » contre les quatre blessés de l’attentat, dont la fille du commandant Cortizo, qui devront être indemnisés.

Le tribunal a rappelé que cette femme de 59 ans avait commencé à endosser en 1993 « des responsabilités au sein de l’appareil militaire » de l’ETA depuis la France qui l’a extradée en septembre notamment pour son rôle dans cet attentat du 22 décembre 1995.

En France, « Anboto » avait été condamnée, avec son compagnon Mikel Albisu Iriarte, dit « Antza », en novembre 2012 à 20 ans de réclusion criminelle notamment pour avoir « dirigé » une entreprise à visée terroriste et commis de nombreuses infractions ayant permis la réalisation d’attentats.

Cependant, aucune action sanglante ne leur avait été imputée directement.

Le couple avait été arrêté en octobre 2004 lors d’un vaste coup de filet à Salies-de-Béarn.

En mai 2018, « Anboto » avait été choisie par l’ETA pour lire en basque le communiqué qui annonçait la dissolution de l’organisation séparatiste. Au total, 853 morts sont imputées à l’organisation en quatre décennies.