(Cité du Vatican) « Tout sera différent » après la pandémie planétaire du nouveau coronavirus, dont l’humanité ressortira « meilleure ou pire », a prévenu le pape François, dans un message samedi soir, appelant à une « société plus juste et plus équitable ».

Agence France-Presse

« Lorsque nous sortirons de cette pandémie, nous ne pourrons pas continuer à faire ce que nous faisions, et comme nous le faisions. Non, tout sera différent », a déclaré le souverain pontife, dans un message vidéo en espagnol à l’occasion de la fête de la Pentecôte.

« Des grandes épreuves de l’humanité, parmi lesquelles cette pandémie, nous ressortirons meilleurs ou pires. Ce n’est pas la même chose. Je vous le demande : comment voulez-vous en sortir ? Meilleurs ou pires ? », a-t-il lancé.

« Nous avons besoin que l’Esprit saint nous donne des yeux nouveaux, qu’il ouvre notre esprit et notre cœur pour affronter le moment présent et le futur avec la leçon apprise : nous sommes une seule humanité. Personne ne se sauve tout seul. Personne », a assuré le pape François.

« Nous le savons, mais cette pandémie que nous vivons nous l’a fait vivre de manière beaucoup plus dramatique. Nous avons devant nous le devoir de construire une nouvelle réalité », alors qu’« aujourd’hui, le monde souffre, le monde est blessé, […] surtout chez les plus pauvres qui sont rejetés ».

« Toutes ces souffrances n’auront servi à rien si nous ne construisons pas ensemble une société plus juste, plus équitable, plus chrétienne, non pas en paroles, mais dans les faits », a-t-il ajouté, appelant une nouvelle fois à « en finir avec la pandémie de pauvreté dans le monde ».

« Et c’est pourquoi aujourd’hui, nous nous ouvrons à l’Esprit-Saint pour qu’il change nos cœurs et nous aide à devenir meilleurs. […] C’est la tâche de tous, et de nous tous », a-t-il conclu.

La pandémie a fait près de 367 000 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un dernier bilan — très vraisemblablement sous-estimé — établi samedi par l’AFP à partir de sources officielles.

Presque six millions de cas ont été diagnostiqués dans 196 pays et territoires, alors que la pandémie a forcé plus de la moitié de l’humanité à se confiner ou à vivre cloîtrée, avec un impact dramatique sur l’économie planétaire.

Le pape a créé dès la mi-mars un groupe de réflexion inter-disciplinaire pour plancher durant une année sur un monde post-COVID 19 plus vertueux,  dans tous les domaines. Il a par ailleurs annoncé « une année spéciale Laudato Si », cinq ans après la parution de cette encyclique à tonalité très sociale sur l’écologie, dénonçant en termes cinglants l’exploitation des hommes et de la nature.

Samedi après-midi, le pape a assisté à une prière dans les jardins du Vatican en présence, pour la première fois depuis près de trois mois, de près d’une centaine de fidèles, le tout retransmis dans le monde entier.

Depuis le début du confinement en Italie, le 10 mars, le Vatican a appliqué les mêmes règles de distanciation sociale que celles valables dans la péninsule, et le pape n’a reçu depuis que des délégations extrêmement réduites.

Il a arrêté ses audiences hebdomadaires du mercredi et ses prières du dimanche depuis la fenêtre du palais apostolique place Saint-Pierre, remplacées par une retransmission vidéo depuis l’intérieur de ce palais.

À la faveur du déconfinement progressif en Italie, il recommencera dimanche à réciter sa prière dominicale depuis la fenêtre du Palais apostolique devant les fidèles, autorisés depuis une semaine à s’assembler de nouveau sur la place Saint-Pierre.