(Stockholm) Les deux plus grands partis d’opposition suédois ont appelé vendredi à la mise en place avant l’été d’une commission indépendante pour enquêter sur la réponse, très peu coercitive, apportée par la Suède à la COVID-19.

Agence France-Presse

S’il s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur de la création d’une telle commission, le premier ministre Stefan Lofven, un social-démocrate, souhaite quant à lui qu’elle ne soit opérationnelle qu’une fois la pandémie terminée.

« Beaucoup de partis sont d’accord avec nous sur le fait qu’elle (cette commission) doit être constituée aussi vite que possible et qu’il ne faut pas attendre que la crise soit finie », a de son côté lancé devant la presse Ulf Kristersson, le chef du parti des Modérés (conservateur), à l’origine ce cet appel avec les Démocrates de Suède (populiste).  

Le dispositif plus souple que dans les autres États européens déployé face à la propagation du nouveau coronavirus a donné lieu à un large consensus politique en Suède, mais la plupart des partis politiques jugent nécessaire de faire procéder à un examen de la gestion de cette situation exceptionnelle par le gouvernement.

Vendredi, le bilan de la COVID-19 s’élevait dans ce pays de 10,3 millions d’habitants à 4350 morts (pour 36 476 cas confirmés au total) et plus des trois-quarts des personnes ayant ainsi perdu la vie étaient des personnes hébergées dans des établissements de soins ou soignées à leur domicile.  

La commission d’enquête pourrait se pencher sur cet aspect des choses et sur la réponse économique apportée à la crise du nouveau coronavirus ou sur la lenteur avec laquelle, en raison d’obstacles bureaucratiques, le nombre des tests augmente (30 000 par semaine fin mai, alors que la capacité dans ce domaine a été portée à 100 000).   

Par ailleurs, après avoir suivi pendant des mois des cours à distance, les étudiants du secondaire et des universités pourront retrouver salles de classe et amphithéâtres le 15 juin, ont annoncé des responsables officiels.

Les écoles élémentaires ont en revanche continué à fonctionner après l’arrivée de la pandémie en Suède.

Mais de nombreux enseignants prenant des vacances cet été, beaucoup d’élèves du secondaire et d’étudiants suivant un cursus universitaire ne devraient pas retourner dans leur établissement avant l’automne.

Avec 430 morts par million de personnes, la Suède a un taux de mortalité lié au nouveau coronavirus bien supérieur à celui constaté dans les pays nordiques voisins que sont la Norvège (43 par million), le Danemark (98), la Finlande (56) et l’Islande (29) qui ont pris des mesures de semi-confinement.