(Madrid) Une partie des Espagnols ont repris le travail lundi après deux semaines « d’hibernation », alors que le bilan quotidien de la pandémie a baissé à 517 morts et le nombre de nouveaux cas a atteint un plus bas depuis le 20 mars, selon le ministère de la Santé.

Agence France-Presse

Dans les gares, la police et des volontaires ont commencé à distribuer dix millions de masques pour les employés, essentiellement ceux de l’industrie et de la construction, qui ont repris le travail lundi.

Depuis deux semaines, seules les activités essentielles, comme l’alimentation, la santé et l’énergie étaient autorisées, afin de donner un coup de frein à la contagion dans le deuxième pays européen le plus endeuillé après l’Italie, avec 17 489 morts recensés lundi.

Celle-ci a ralenti avec 3477 nouveaux cas détectés en un jour, le chiffre le plus bas depuis le 20 mars. Le nombre de patients qui ont quitté l’hôpital s’élève à 64 727, sur un total de 169 496 cas détectés, et les hôpitaux, un temps débordés, commencent à souffler un peu.

Mais les 46,6 millions d’Espagnols restent soumis à un confinement des plus stricts. « Le déplacement vers le lieu de travail ne peut s’effectuer que lorsqu’il est autorisé et que le télétravail est impossible », a rappelé lundi le ministre de la Santé Salvador Illa.

Les autres ne peuvent sortir que pour s’acheter à manger, aller à la pharmacie ou promener brièvement leur chien. « Le niveau de confinement dans les foyers est très élevé, il se situe, selon nos données, autour de 67 % : ce sont des personnes qui ne sortent pratiquement pas », a chiffré lundi le ministre des Transports José Luis Abalos.

Le confinement continue

Les autorités de santé estiment que le pic de la crise a été dépassé, depuis les 950 morts enregistrés le 2 avril, mais le confinement reste en vigueur au moins jusqu’au 25 avril inclus.

« Nous n’avons commencé aucune phase de désescalade, nous n’avons pas mis fin aux restrictions de circulation des personnes », a insisté le ministre de la Santé.

L’augmentation du trafic de voyageurs est ainsi restée très réduite à Madrid où le métro a enregistré lundi matin une hausse de 34 % de passagers par rapport à la semaine précédente, mais 86 % de moins qu’il y a un an.

Comme d’autres voyageurs, Maria Martinez, qui travaille dans un centre de santé, s’est félicitée d’avoir reçu un masque en montant dans le train, « parce qu’on n’en trouve pas ou ils sont très chers », a-t-elle expliqué à l’AFP en arrivant à la gare d’Atocha à Madrid.

Les entreprises qui rouvrent leurs portes lundi doivent elles aussi mettre en place des mesures sanitaires.

Même si l’économie n’a été mise à l’arrêt que pendant deux semaines, le président de la confédération patronale CEOE, Antonio Garamendi, a prévenu que le coût de la pandémie serait lourd.

« Beaucoup d’entreprises vont disparaître à cause de cette crise économique, parce qu’elles ne tiendront pas le coup », a-t-il déclaré au journal en ligne El Confidencial.

Le chef du gouvernement Pedro Sanchez a déjà averti dimanche les Espagnols qu’ils étaient encore « loin de la victoire » contre la COVID-19 et du jour où ils pourraient reprendre une vie normale.