(Rome) Le sort de dizaines de migrants, dont l’embarcation aurait chaviré au large de Malte, suscitait dimanche la vive inquiétude d’organisations internationales et d’ONG.  

Agence France-Presse

Dimanche, l’agence européenne de contrôle des frontières Frontex « a repéré quatre bateaux pneumatiques », « l’un d’entre eux a chaviré et nous présumons qu’il a coulé avec des personnes à bord », a tweeté l’association Sea-Watch International.

« L’Europe les a abandonnés : pour mourir à Pâques. Encore », a tweeté l’association, qui s’était inquiétée dès samedi du sort de 250 migrants embarqués sur quatre bateaux.

Sollicités par l’AFP, l’UNHCR, l’agence onusienne pour les réfugiés, et l’Office international pour les migrations (OIM), ont indiqué ne pas être en mesure de confirmer ou d’infirmer le naufrage.  

« Nous sommes très inquiets. Il semble qu’au moins une embarcation se soit retournée et il n’y a plus de contacts avec une autre. Mais nous n’avons pas de confirmation de la part des autorités », a déclaré à l’AFP Carlotta Sami, porte-parole en Italie de l’UNHCR. « La crise actuelle » du coronavirus « ne peut pas rendre moins impératif le secours aux naufragés », a-t-elle ajouté.  

De son côté, pour l’OIM, Flavio Di Giacomo, a expliqué à l’AFP qu’« en l’absence d’embarcations présentes sur zone, il est très difficile pour le moment de confirmer qu’il y a bien eu naufrage et le nombre de victimes ».

« Les informations qui ont circulé sont très préoccupantes. Et malheureusement, par expérience, nous considérons comme probable le fait qu’il y ait toujours eu des naufrages en mer dont on n’a pas connaissance », a-t-il ajouté.  

Dans un communiqué, une autre ONG allemande, United4rescue a assuré que l’embarcation « désormais introuvable », « avait appelé à l’aide par téléphone ». « Nous devons compter avec des dizaines de morts », a redouté Joachim Lenz, porte-parole d’United4resccue.  

Selon Flavio Di Giacomo de l’OIM, « l’estimation du nombre de [migrants] morts en Méditerranée est malheureusement depuis toujours une estimation par défaut ». « Du début de l’année au 8 avril, nous avons enregistré 140 morts en Méditerranée centrale, 241 sur toute la Méditerranée », a-t-il dit.  

Sollicitée par l’AFP à Varsovie, Frontex n’a pas commenté ces informations. Également contactés, les autorités maltaises et les garde-côtes italiens n’ont pas réagi.  

Centres de quarantaine

En pleine crise du coronavirus, Malte et l’Italie ont fermé leurs ports aux migrants. Cette décision a été dénoncée par les associations.   

Les autorités maltaises ont toutefois secouru vendredi un bateau avec 67 migrants, placés en quarantaine.  

Dimanche, une centaine de migrants ont débarqué à Pozzallo, à la pointe sud de la Sicile, selon les médias italiens.  

Dans un contexte de crise sanitaire, le responsable de la protection civile italienne Angelo Borrelli a expliqué que des structures allaient être mises en place, « sur la terre ferme ou sur des bateaux » afin de les placer « en quarantaine ». Une fois celle-ci terminée, « les migrants suivront les procédures habituelles », a-t-il ajouté.

Selon Angelo Borrelli, cette nouvelle procédure sera mise en œuvre pour la première fois pour les 156 personnes actuellement à bord du bateau humanitaire Alan Kurdi, qui croise depuis plusieurs jours au large de l’Italie.

Alors qu’avec le printemps, devrait augmenter le nombre de migrants tentant de rejoindre l’Italie depuis la Libye, le leader de l’extrême droite italienne Matteo Salvini a dénoncé sur Facebook la mise en place de tels centres : « Les Italiens sont enfermés chez eux et les clandestins libres de débarquer ».