(Paris) Du champagne pour égayer l’apéritif, du vin pour accompagner la viande et le digestif pour clore les agapes : si 87 % des Français vont boire de l’alcool au réveillon de la Saint-Sylvestre, moins de la moitié a prévu une solution pour rentrer, selon une étude publiée vendredi.

Agence France-Presse

La question du retour de soirée en voiture concernera 46 % des Français, qu’ils soient conducteurs, passagers ou hôtes de personnes qui prendront la route à l’issue du réveillon. Mais seulement 43,6 % d’entre eux ont pris des dispositions pour garantir leur sécurité, selon l’enquête annuelle des associations Prévention Routière et Assurance Prévention.

L’étude, arrêtée au 2 décembre, n’a cependant pas permis de mesurer les effets de la grève à la RATP et à la SNCF, démarrée le 5, sur l’organisation des fêtards à l’approche du Nouvel An.

Traditionnellement, les transports en commun sont gratuits dans toute l’Ile-de-France du 31 décembre à 17 h au 1er janvier à midi.  

La RATP doit annoncer ses prévisions de trafic pour le réveillon à 17 h, tandis que la SNCF-qui gère les Transiliens et une partie du réseau RER-les communiquera lundi, ont indiqué à l’AFP les deux entreprises.

« Il y aura plus de véhicules sur les routes, c’est une évidence, puisque certains trains ne roulent pas et les VTC et taxis seront pris d’assaut et chers avec la forte demande », a averti Eric Lemaire, vice-président d’Assurance Prévention, lors d’une conférence de presse.

« Cela peut aussi conduire à davantage de responsabilisation. Quand on est à trois ou quatre dans une voiture, c’est plus facile pour désigner un “Sam” », un capitaine de soirée qui ne boit pas, a-t-il ajouté.

Si les fausses bonnes idées contre l’alcoolémie perdurent, comme boire plusieurs cafés ou prendre un bonbon à la menthe, les comportements « évoluent dans le bon sens », se félicitent les deux associations, dont le baromètre fête ses dix ans.

Ainsi, depuis 2009, de plus en plus de Français désignent un « Sam » (59 %, +15 pts), rentrent en taxi ou VTC (30 %, +22 pts), dorment sur place (52 %, +10 pts) ou utilisent un éthylotest (46 %, +21 pts).

Néanmoins, encore 34 % Français optent pour des « dispositions dangereuses » comme « attendre avant de reprendre le volant, emprunter des petites routes, conduire lentement », regrettent les deux organisations.

« Cette année, le 1er janvier tombe un mercredi, en milieu de semaine, et beaucoup vont reprendre la route car ils retournent au travail le 2, avec une grosse dette de sommeil et encore quelques vapeurs d’alcool », s’inquiète Anne Lavaud, déléguée générale de l’association Prévention Routière.

L’alcool, en cause dans 30 % des accidents mortels en 2018 selon la Sécurité routière, soit 985 morts, est le deuxième facteur de risque au volant après la vitesse excessive.  

La nuit de la Saint-Sylvestre est l’une des plus meurtrières sur les routes avec en moyenne 15 à 20 décès comptabilisés ces dernières années, contre une quarantaine au début des années 2000.

Pour le passage à 2020, près de deux tiers des Français (64 %) prévoient de boire au moins trois verres avec une consommation moyenne de près de quatre verres (3,9), soit deux fois la limite autorisée.

Selon l’étude, 31 % des Français reconnaissent avoir déjà vu une personne ayant dépassé le taux légal autorisé reprendre le volant lors d’un réveillon et la moitié ignore qu’il faut une à deux heures pour éliminer un seul verre d’alcool.

Source: Étude de l’institut Moaï réalisée par internet du 22 novembre au 2 décembre 2019, auprès d’un échantillon représentatif de 1000 personnes âgées de 18 ans et plus.