(Istanbul) La Turquie a convoqué vendredi l’ambassadeur des États-Unis pour protester contre l’adoption par le Congrès d’une résolution reconnaissant comme génocide le massacre planifié de centaines de milliers d’Arméniens par les Ottomans il y a un siècle, ce que réfute Ankara.

Agence France-Presse

« L’ambassadeur des États-Unis a été convoqué au ministère [des Affaires étrangères] en lien avec la décision prise par le Sénat américain au sujet des événements de 1915 », expression par laquelle Ankara désigne les massacres, a indiqué une source diplomatique turque.

Deux mois après la Chambre des représentants, le Sénat a adopté jeudi à l’unanimité une résolution pour « commémorer le génocide arménien en le reconnaissant officiellement ».

La Turquie a vivement dénoncé ce vote, la présidence turque estimant qu’il « mettait en péril l’avenir des relations » entre Ankara et Washington, deux alliés au sein de l’OTAN aux rapports tendus.

PHOTO ADEM ALTAN, AGENCE FRANCE-PRESSE

Bien que ces résolutions ne soient pas contraignantes, des parlementaires américains exhortent désormais le président Donald Trump à leur emboîter le pas.

Mais un porte-parole de l’ambassade américaine à Ankara a assuré vendredi à l’AFP qu’en dépit du vote au Sénat, « la position de l’administration n’a pas changé », renvoyant vers un communiqué publié en avril dernier par la Maison-Blanche.

Dans ce communiqué, cette dernière commémorait les victimes de l’« une des pires atrocités de masse du 20e siècle », mais n’utilisait pas le mot « génocide ».

De nombreux historiens qualifient les massacres systématiques des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l’Empire ottoman de génocide, reconnu par les gouvernements ou Parlements dans une trentaine de pays dont les États-Unis, la France et l’Allemagne.  

Les estimations sur le nombre de morts varient entre 600 000 et 1,5 million.  

Le terme de génocide est toutefois rejeté par la Turquie, issue du démantèlement de l’Empire ottoman en 1920, qui reconnaît des massacres et évoque une guerre civile, doublée d’une famine, dans laquelle 300 000 à 500 000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.